Retour (forcé?) à Marseille

Marseille, la série française de Netflix, starring Depardieu et Magimel, ça allait être du lourd. De fait.

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Après le four des deux premiers épisodes, TF1 passe la suite sur TF1 Séries Films (à 21 heures), alors que les deuxième et troisième saisons arrivent sur Netflix ce 23. Ils sont fous ces ricains, de tourner une suite au ratage le plus embarrassant de 2016. Dan Frank, le réalisateur, avait pourtant les moyens, un thème porteur (rivalités politico-mafioso-familiales dans la Cité phocéenne) et un casting à tomber. Las. Le scénar est à ce point cousu de fil blanc qu’on devine la fin dès la première séquence.

Les personnages ont la subtilité du guignol de Papin. Gégé, alias Robert Taro (de Marseille… si…) campe un patriarche coké, politicien à l’ancienne, qui a ses dossiers sur tout le monde mais sacrifie tout à SA ville. Essoufflé, boudiné, portable branché sur l’app Netflix à la main, l’immense Cyrano n’arrive pas à relever des dialogues plats comme une mer d’huile. On a mal, de voir le souvenir de Rodin, la détresse de Jean de Florette sombrer dans ce marasme alimentaire. Sa femme violoncelliste, Géraldine Pailhas, déprime sans fin (nous aussi) au point qu’on appuie sur avance rapide à chacune de ses apparitions. Le plus accablant est Magimel. L’ex-bogoss, dégoulinant de fond de teint sous un effrayant balayage blond, foire son accent, se ridiculise dans des scènes de sexe grotesques, surjoue le Brutus de service, l’héritier traître et mafieux. Et s’appelle Lucas (on comprendra le jeu de mots plus tard, avec accablement). Les personnages de racailles dealeurs sont une insulte au milieu populaire. Sans oublier la musique emphatique ni la mise en scène cliché, qui multiplie les ralentis pour tenter de dramatiser la débandade. Pour la suite, on prend les mêmes et on recommence. Aïe (au lit).

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