La balade d’Orelsan

Des tribunaux à Hep taxi!, Orelsan atteint les sommets à la force de son naturel. Un rappeur perdu d’avance qui gagne à être connu.  

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À part peut-être Roger Federer, on ne voit pas trop qui plus qu’Orelsan pourrait prétendre au come-back de l’année 2017. En l’espace d’un clip en plan-séquence foutrement bien foutu et plus partagé que le corps du Christ un dimanche sur la terre (Basique), le rappeur caennais a prouvé toute l’attente qu’il pouvait générer, toutes strates de la population confondues.

Un retour aux affaires musicales qui a presque fait oublier que pendant six ans de silence solo, celui qui porte pourtant la flemme en étendard n’a pas chômé. Avec une série pour Canal (Bloqués), un album et un film (Comment c’est loin), avec son complice Gringe sous la bannière des Casseurs Flowters, Aurélien Cotentin a multiplié les projets au point qu’on se demande s’il n’est pas un workaholic qui s’ignore. C’est donc dans la trentaine bien entamée qu’on l’a retrouvé sous les traits d’Orelsan pour un album au titre- choc: “La fête est finie”. Un disque attendu comme le messie qui lui a valu une invitation sur la banquette arrière du carrosse hybride de la RTBF, quelques jours après la Saint-Valentin – douce ironie.

Qui l’eût cru il y a dix ans quand certain.e.s criaient haut et fort à la misogynie et à l’appel aux violences sur les femmes? Des accusations ridicules qui l’ont longtemps poursuivi et dont Jérôme Colin a eu l’intelligence de ne pas faire mention durant cette balade dans Bruxelles – merci à lui. Ça permettra à ceux qui n’ont pas encore eu cette chance de faire la connaissance d’un artiste simple mais pas basique. Dans la vie comme dans ses textes, le rappeur dévoile une personnalité authentique, sensible et loin des clichés du poseur égotique ivre de succès. Comme disait son pote Nekfeu, le talent d’Orelsan c’est de “dire des choses compliquées avec des mots simples” et cette balade en taxi le prouve.  

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