Elizabeth I: Arsenic et vieilles dentelles

Fan des Tudors, rangez-vous à la bannière de la mini-série Elizabeth I! Un exquis retour à l’incroyable XVIe siècle.  

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Plaisir coupable! Voici encore une mise en scène du destin de la ”Virgin Queen”! On sait déjà tout (enfin on croit) de son histoire, à force de romans, de films et de séries, pourtant on en redemande… tant ce personnage de femme est riche et tant l’époque des guerres de religion et des successions européennes fascine.

Channel 5 ne s’est pourtant pas contentée de surfer sur un sujet qui fonctionne. L’optique choisie ici est de tempérer la dramatisation par le point de vue des historiens. On n’évite pas tout à fait le sensationnalisme, mais les images sont somptueuses. Les trois épisodes alternent la reconstitution, la fiction et les interviews de deux spécialistes au ton très moderne, Suzannah Lipscomb de l’université d’Oxford et Dan Jones, de Cambridge. La mythologie se relativise: Elizabeth I ne fut ni une harpie ni une héroïne romantique. Elle fut une diplomate, dure en affaires, chanceuse dans la guerre, courtisée par tous les rois et en butte à une douzaine de tentatives d’assassinat. On zappe la peu glamour fin de règne: la perte des dents, le teint vérolé, la disgrâce populaire (elle qui fut tant aimée par ses sujets protestants) et la dépression.

On l’accompagne de ses 20 ans emprisonnés par Marie Tudor et son mari Philippe II d’Espagne à ses 53 ans, âge auquel la souveraine fit finalement exécuter Marie Stuart, sa cousine, l’encombrante reine catholique d’Écosse. Après Cate Blanchett, Judi Dench, Helen Mirren, Bette Davis et même Sarah Bernhardt, c’est Lily Cole, ancien top-modèle qui endosse la fraise de la dernière des Tudors. Une beauté préraphaélite qui apporte la touche de rêve indispensable au documentaire historique.

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