La petite histoire des emojis : pourquoi on en utilise tous ?

On dit parfois qu'un dessin vaut mieux qu'un long discours. Et ça, les utilisateurs des emojis l'ont bien compris. De ses origines à son utilisation en 2018, on détaille le parcours de l'émoticône.

emojis

On en voit partout, tout le temps. Que ce soit pour alimenter un message, détendre un mail, exprimer son opinion, faire des rébus ou agrémenter nos storys sur les réseaux sociaux, nous utilisons des emojis en permanence. Comme le dit si bien l’adage, parfois un dessin vaut mieux qu’un long discours. Même si ce dernier est composé d’une pêche suivie d’une aubergine, comprendra qui voudra. Né pour apporter de la nuance aux interactions écrites, les emojis forment le premier langage créé par et pour le monde digital. Évidemment, ces petits bonshommes sympathiques n’ont pas toujours été si travaillés. Ils étaient même carrément basiques à leur naissance. Pour retrouver la toute première trace d’un emoji, ou de son ancêtre, l’emoticône, il faut remonter en… 1648. On y aperçoit le père de tous les smileys, le fameux :), dans le poème To Fortune de Robert Herrick. Mais pour la démocratisation de son utilisation, il faut remonter aux années 80.

A l’époque, l’emoticône avait encore un nez et s’écrivait avec les signes de ponctuation, comme 🙂 ou 🙁 Il va véritablement s’imposer chez les geeks, dans les chatrooms des années 90, pour ne plus jamais s’effacer. Les plus inventifs passaient des heures à essayer de créer des emoticones complexes, comme ¯_(ツ)_/¯ , plus explicite qu’un simple 😉 Pour découvrir les premiers emojis en tant que tels, il faudra attendre 1999 et une fulgurance de l’esprit de Shigetaka Kurita, un artiste japonais. Pour que son site soit plus attrayant, il a décidé de concevoir une interface ludique pour transmettre l’information d’une manière simple et succincte: par exemple, une icône pour montrer la prévision météorologique plutôt que d’épeler «nuageux». Il nomme sa trouvaille emoji, en contraction des mots « e » pour image et « moji » pour personnage. Le début d’un nouveau langage visuel, qui permettait de nuancer des messages froids grâce à des supports imagés. Le simple message « On en parle quand je rentre » aura une signification bien différente s’il est accompagné d’un cœur, par exemple.

Un langage imagé qui a été popularisé dans le reste du monde au milieu des années 2000. Et s’il fallait encore copier-coller ces petites images dans son texte pour les utiliser, dès 2011 Apple a senti le filon et a directement intégré ces icônes à ses iMac et iPhone. Mais est-ce que les emojis nous ramèneront-ils aux temps pré-alphabétiques des dessins rupestres? Il est vrai qu’ils transmettent du sens par eux-mêmes. Et puis après tout, le mot de l’année des dictionnaires Oxford de 2015 n’était pas un mot, mais un pictogramme. Autre fait intéressant, selon un rapport de Brandwatch qui a analysé notre utilisation des emojis sur Twitter, nous changerions nos habitudes durant l’année en fonction des événements de l’actualité, mais aussi en fonction de l’heure de la journée. Au total, plus de 6,4 milliards d’émoticônes ont été utilisés sur le réseau social entre le 1er septembre 2015 et le 20 septembre 2017. Comme le montre le rapport, les utilisateurs de Twitter commencent à utiliser des émojis dans leurs messages dès le soir tombé. Avec un pic d’emojis qui râlent de 20 heures à 6 heures du matin. De plus, il semblerait que les femmes soient plus friandes des emojis (61%) que les hommes (39%).

Mais attention quant à leur utilisation: selon les pays, la signification des émoticônes varie. Dans les pays latins par exemple, le signe « rock’n’roll » est utilisé pour dire de quelqu’un qu’il est cocu, alors que la petite main qui bouge veut dire dégage en Chine.

Parmi les 1.800 émojis qui existent déjà, quelques 157 nouveaux venus vont faire leur entrée sur nos claviers dès l’été prochain. Choisis par le standard Unicode 11.0 (il faut tout de même quelques règles, sinon ce serait l’anarchie visuelle), on notera la possibilité de choisir le sexe et la couleur de peau des emojis de super-héros, l’arrivée d’un lama, d’un skateboard, d’un bonhomme qui gèle ou encore l’inclusion de nouvelles coupes de cheveux. Ça promet.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité