Frank Sinatra: Ombre et lumière

Frank Sinatra ou l’âge d’or de l’Amérique ne se limite pas à ”sa vie, son œuvre”. Il propose un point de vue sur un destin. Avec panache!

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Fervent défenseur des droits civiques et gangster. Supporter de Kennedy et ami de Reagan. Époux d’Ava Garner la brune et de Mia Farrow la blonde. Fêtard invétéré et bosseur acharné. Frank Sinatra, ”The Voice”, le prince des crooners, a vécu de paradoxes.

Son destin, c’est le rêve américain, c’est l’histoire d’un petit gars d’origine populaire italienne qui, à la force des cordes vocales et de l’énergie, a vendu 150 millions d’albums et tourné 50 films. Son parcours, c’est un road-movie de New York à Los Angeles et Las Vegas, qui charrie toute l’imagerie de l’Amérique triomphante de l’après-guerre. C’est aussi du chaos, des zones obscures, des accointances avec la mafia qui lui reviendront, en boomerang, à la fin de sa vie. Le documentaire de Michel Viotte ne passe pas à côté du darkside. Il ne nous conte pas la légende dorée d’un homo novus. Il ne glisse pas pour autant dans le sensationnel et le ragot de bas étage… Ce qui intéresse le réalisateur (et nous, spectateurs), c’est le parallèle, évident tout à coup, entre la vie d’un homme et l’évolution d’une nation. Sinatra, symbole des USA, en incarne les dérives, le talent, la démesure, l’apogée et le déclin. Il en côtoie aussi les icônes.

Le film nous plonge dans une époque, si proche et déjà si étrangère, avec un art consommé de la narration. Il ne s’agit pas ici de mettre des paysages, des images d’archives et des interviews d’amis encore vivants bout à bout mais de donner à voir, de créer, de transcender un matériau classique. Graphiquement, en noir et blanc, le travail est bluffant. 52 minutes d’évasion pure.  

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