La mécanique du burn out

Un énième docu sur le ”syndrome d’épuisement professionnel”? Certes. Mais La mécanique du burn out l’explore en profondeur.

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J’ai fait un semi-coma. Quand je me suis réveillée, j’avais perdu la vue, je n’entendais presque plus rien”, témoigne Brigitte, cadre de banque frappée par un burn out après 10 ans de boulot acharné. Avec elle, une assistante sociale, un berger, un cuisinier et un responsable associatif racontent la lente dégradation qui les a conduits, un jour, à s’effondrer, professionnellement et personnellement. On compatit, on se projette aussi… Comment en sont-ils arrivés là, ces employés modèles?

Des spécialistes viennent décoder l’engrenage. Ainsi Samuel Michalon, psychologue du travail, donne deux facteurs d’émergence: ”l’exposition au stress chronique mais aussi l’amour de l’activité, l’investissement, l’affectif”. Des analyses corroborées par les malades: ”Pour moi, quelqu’un qui ne travaille pas, c’est un feignant… Je ne vis pas spécialement bien mon arrêt de travail”, explique Jacques. Impossible, face à ces récits, d’encore parler de ”carottage”, comme c’est encore trop souvent le cas face à cette maladie qui n’est toujours pas reconnue en France. Impossible, aussi, de passer à côté de la responsabilité du système professionnel d’aujourd’hui. ”On crée un mouvement perpétuel qui brouille tous les repères et qui fait que toute l’expérience constituée auparavant ne sert plus à rien, condamne Danièle Linhart, sociologue, pour faire en sorte que les salariés ne puissent pas s’opposer ou résister à ces nouvelles manières de travailler.” ”La liberté de l’humain, c’est de pouvoir choisir ses aliénations” dit aussi Robert Neuburger, psychiatre. On sort de là en observant sa vie, son métro-boulot-dodo, avec l’envie de réagir… Avant d’être filmé par France 5 pour le prochain sujet “burn out”.

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