Kurt Cobain, Kurt cobaye

Avec l’aval de la famille de l’icône disparue, le réalisateur dresse un portrait du leader de Nirvana sur la base d’archives privées. Une expérience dont on ne sort pas indemne.

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Produit par HBO et “commandé” par Courtney Hole et Francis Bean Cobain, respectivement épouse et fille du chanteur Kurt Cobain, Montage Of Heck avait fait sensation lors de sa première diffusion télévisée en 2005. Et pour cause. Musicalement, on peut y découvrir des versions inédites des classiques de Nirvana (premières maquettes, live, répétitions…), mais aussi des chansons jamais sorties. Pour les images, c’est également un électrochoc. Le réalisateur Brett Morgen a compilé toutes les archives personnelles de l’icône qui s’est suicidée le 5 avril 1994 à son domicile de Seattle. En résulte un documentaire hallucinant de deux heures dont le titre original peut se traduire par “Montage d’un bazar”.

On y découvre l’enfance difficile de Kurt, sa passion pour la musique, sa détermination à faire avancer son groupe, les débuts de la folie grunge, sa vie de couple, ses problèmes de santé, son addiction et son mal-être qui ne cessera de s’accentuer avec un succès qu’il n’a jamais assumé. On y entend les témoignages de ses parents, de sa veuve, de ses amis de lycée et aussi du bassiste de Nirvana Krist Novoselic. Pas d’interview, par contre, de Dave Grohl, batteur historique du groupe et actuel leader de Foo Fighters qui est resté à l’écart de ce projet. Sans la moindre complaisance, avec beaucoup d’originalité (notamment dans l’utilisation des croquis dessinés par Kurt Cobain) mais aussi en usant d’un voyeurisme parfois dérangeant (la scène où Kurt, sous l’emprise de la drogue, tient son bébé dans les bras), ce docu est bien plus qu’une simple biographie rock. Après avoir vu ce film, les paroles de sa chanson “I Hate Myself And I Wanna Die” résonnent autrement. Bouleversant.

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