Là où les putains n’existent pas: Ovidie, justicière

Là où les putains n’existent pas, c’est la Suède. Une nation citée en exemple pour sa législation sur la prostitution qui pénalise les clients. Ovidie recadre.

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Depuis des années, Ovidie poursuit un travail remarquable et militant sur la sexualité adulte, dépassant le porno pour aborder des problématiques sociétales (et ceci sans perdre pour autant son sens du rock’n’roll, chère et indispensable Ovidie). Ce documentaire est une nouvelle pierre à son édifice et un nouveau pavé dans la mare. Tout démarre de l’histoire de Petite Jasmine, alias Eva-Maree, prostituée militante assassinée à 27 ans par le père de ses deux enfants. Le destin d’Eva-Maree condense toute la problématique du statut des travailleuses du sexe en Suède (et raisonne avec la réalité de notre pays). Celle-ci avait en effet quitté son compagnon pour violences conjugales. Malgré cela, celui-ci l’avait dénoncée pour prostitution, ce qui lui avait permis d’obtenir la garde exclusive de leurs enfants, malgré des faits de brutalité avérée. Tous les recours de la maman furent vains. Elle devint alors l’une des porte-paroles du mouvement de défense des prostituées, dénonçant le viol systématique de leurs droits élémentaires par l’Etat et les services sociaux. Elle avait obtenu un droit de visite, dans les locaux de protection de l’enfance… Et fut assassinée par le père lors du premier rendez-vous. Aucune sanction n’a été prise contre le service. Voilà.

A travers ce destin tragique, c’est la condition inhumaine de ces femmes qu’Ovidie dénonce. Son brûlot va à contre-courant des prohibitionnistes, qui militent pour l’instauration du ”modèle suédois” en France (et chez nous). Il dénonce le déni, le puritanisme et force la réflexion. Et l’admiration.

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