Conversations avec ma mère : duo au sommet

Conversations avec ma mère a rempli les salles durant trois ans.  À juste titre.

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On retrouve en effet, sur les planches ensemble pour la première fois, Jacqueline Bir et Alain Leempoel, la mère et le fils, les deux stars du paysage théâtral belge. Débarrassés, tous deux, de certains tics ou de certaines complaisances, ils dévoilent dans ce huis-clos l’étendue de leur talent. Ce spectacle, adapté d’un film argentin de Santiago Carlos Olvès, met en présence une mère et son fils. La mamma habite un appartement, fourni par son fils, père de famille quinqua doté d’une « bonne situation », et dont le monde s’écroule avec l’annonce de son licenciement. Le fiston n’a pas le choix, il doit vendre le logement… Sauf qu’il n’en est absolument pas question pour l’auteure de ses jours ! Et que la Mamma, espiègle, pleine de répartie, est tout sauf commode…

Sur ce pitch entre crise économique et conflit de générations, se développe un faisceau de sentiments mêlés, de relations complexes et de conflits intérieurs. C’aurait pu être cliché, c’est un pur bonheur pour le spectateur. La pièce est drôlissime mais pas que. Son texte et sa trame subtile nous font passer par toutes les émotions et surtout par toutes les surprises. Au fur et à mesure que les protagonistes se dévoilent et se redécouvrent, l’on quitte le comique de mœurs, de caractère et de situation, pour toucher à une intrigue plus complexe, qui tiendra vraiment en haleine jusqu’au baisser de rideau. À la mise en scène, Pietro Pizzuti réalise un travail d’orfèvre, minuté, précis, dont tout l’art est de devenir invisible pour laisser se déployer l’art des comédiens.

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