Les Juifs de la zone interdite

Focus sur ces Juifs réduits à l’esclavage dans la campagne ardennaise au début des années 40.

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Encore aujourd’hui, la Seconde Guerre mondiale reste un vivier inépuisable d’histoires aussi tragiques que méconnues. Celle à laquelle s’est intéressé le réalisateur Francis Gillery concerne ces Juifs étrangers envoyés de la région parisienne vers les campagnes ardennaises contrôlées par les Nazis au commencement de la guerre. Véritables “zones réservées” au service des Allemands, elles ont été le théâtre de la mise en place des GTE, les groupements de travailleurs étrangers. Si ces campagnes, situées entre la Somme et la frontière suisse, ont d’abord constitué l’espoir d’une vie meilleure pour les familles juives, la réalité les a rapidement rattrapés. Leur quotidien d’ouvriers agricoles ne sera qu’asservissement, menace et épuisement. Marche ou crève, en somme. Réduites au quasi-servage, elles s’abîmeront au cœur des champs pour finalement partager le sort de millions juifs, la déportation vers les camps.

Le film est évidemment assez lourd mais ouvre à la destinée peu contée de ces dizaines de familles juives. Le récit débute par la rencontre de celui qui tiré cette histoire des oubliettes, Maurice Rajsfus, un rescapé de la rafle du Vel d’Hiv. Il découvre que près de 700 Juifs ont rejoint les Ardennes sur les conseils de l’Union Générale des Israélites de France, institution de mèche avec le régime de Vichy. Il décide alors de partir à la recherche de témoignages. De Maurice Rajsfus lui-même et de ces témoignages récoltés auprès de certains descendants et d’une poignée de survivants démarre cette histoire qui nous replonge dans l’horreur d’une guerre déshumanisante au sein de laquelle la peur règne en maître.  

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