Le film du jour: Le crocodile du Botswanga

Thomas Ngijol fait un sacré numéro dans la peau d’un dictateur africain dans cette satire comique qui fait souvent mouche.

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Dictateur mégalo du Botswanga, le capitaine Bobo reçoit un footballeur du pays qui a signé pour le Barça. Le deal? L’agent du joueur n’a que quelques jours pour le faire intégrer les couleurs de l’équipe nationale, les crocodiles du Botswanga. L’argument est léger. Mais les complices Éboué et Ngijol (issus du Jamel Comedy Club) ont plus d’un tour dans leur sac (doublé en croco) pour vous faire rire. Le meilleur? Assurément la présence incroyable de Thomas Ngijol dans la défroque d’un dictateur à l’ancienne, modèle Bokassa, et qui au fil du film prend doucement, derrière les rires, l’allure terrifiante et inattendue d’un tyran quasi génocidaire. Mais attention: la satire se veut avant tout drôle et bon enfant, et l’acteur nous fait plier en quatre dans ses brusques accès de colère et ses caprices tonitruants, version franco-camerounaise du Hynkel de Chaplin. Avec son long corps dégingandé et sa voix chaude et sensuelle, Ngijol, passé plutôt inaperçu dans ses gesticulations de comique de service au Grand journal, commence à exploser sur grand écran. Il était temps!

Face à l’ami Thomas qui en fait des tonnes, Fabrice Éboué, ultra-sobre en agent veule, renforce le caractère comique du duo de clowns. Et le tandem, après le très bon Case départ (belle claque comique au racisme) fait ici feu de tout bois: entre des vannes décomplexées et sous la ceinture, pas toujours fines, Dieu merci, c’est le néocolonialisme à la française qui en prend aussi pour son grade et l’appât généralisé et dingo du dieu argent. Bref, ces deux-là dessinent un nouvel humour métissé qui apporte un bon bol d’air à la comédie made in France.  

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