Un espoir pour la survie de l’ours polaire

Ce soir, Arte diffuse Les métamorphoses de l'ours polaire. Un documentaire qui montre que l'ours blanc peut être capable de s'adapter au réchauffement climatique. À condition que les changements ne soient pas trop rapides. 

Les métamorphoses de l'ours polaire ©Arte

La vidéo de l’ours polaire agonisant sur une terre sans glace, réalisée par l’ONG de défense des océans SeaLegacy, a été vue plusieurs millions de fois. Des images insoutenables qui donnent peu d’espoir sur l’avenir du plus grand prédateur de l’Arctique. Surtout lorsque l’on sait qu’en 40 ans, 50% de l’épaisseur de la banquise, son lieu de vie, a disparu. Et pourtant, grâce à la caméra du documentariste Rémy Marion, qui l’a observé pendant cinq ans, nous avons quelques raisons d’espérer.

Churchill, au Canada. Deux petits oursons sortent de leur tanière et voient pour la première fois la lumière. Un très beau moment où on les voit jouer pendant que leur mère glisse sur la neige pour se débarrasser du permafrost (sol gelé en permanence) qu’elle a eu sur son pelage pendant l’hivernation. Bientôt, quand l’hiver commencera à faiblir, elle se dirigera vers la banquise avec ses petits pour aller chasser les phoques, base principale de son régime alimentaire. 200 km plus au sud, au cœur de la forêt boréale, l’ours brun ou grizzli attend aussi l’arrivée des beaux jours. Lui, en revanche, reste sur place car la nature qui l’entoure lui offre tout ce dont il a besoin.

C’est dans cette même forêt que les deux espèces sont nées. Il y a 200 000 ans, la glace a piégé les ours bruns. Ils ont dû s’adapter. Leur poil est devenu blanc pour mieux se camoufler, leur corps s’est allongé pour la nage et leurs griffes ont été optimisées pour la chasse. L’ours devenu blanc s’est, depuis, adapté au rythme des changements climatiques. Mais la rapide fonte des glaces que nous connaissons depuis les années 60 met à rude épreuve ces ursidés. Ils se déplacent sur des radeaux de glace qui dérivent pendant que les phoques sont de plus en plus dispersés.

Pour augmenter les chances de se nourrir, ils deviennent opportunistes comme leurs cousins au pelage brun. Ils s’acharnent par exemple sur un rorqual échoué sur la côte. Il arrive que plusieurs ours polaires (voire 200 comme en novembre dernier sur une île au large de la Russie), se retrouvent autour d’une carcasse et se tolèrent, eux qui sont pourtant solitaires. Le réchauffement climatique peut même amener un ours brun à s’inviter à la table, sans que l’ours blanc ne manifeste d’agressivité. Cet opportunisme pourrait être une des clés de la survie de ces extraordinaires mammifères. Mais il leur faudra du temps pour s’adapter. D’où l’importance de lutter contre le réchauffement climatique (par l’alimentation, les moyens de transport, la consommation énergétique,…) au quotidien.

Les métamorphoses de l’ours polaire. Réalisé par Charlène Gravel et Rémy Marion. France. 
Disponible jusqu’au 25 janvier en Arte +7. Voir le documentaire ici

Sur le même sujet
Plus d'actualité