Rester vivants après la tempête

En 2011, l’Égypte se soulève contre le régime de Moubarak. Six ans plus tard, que reste-t-il de cette Révolution de jasmin?

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Comment vivre dans un pays que l’on aime et déteste à la fois? Intimiste, mais jamais voyeur, Rester vivants revient sur le parcours de quatre jeunes activistes, rencontrés en 2011 par la journaliste Pauline Beugnies, au cœur du printemps arabe. Quelques années plus tard, elle revient en Égypte leur montrer les images de leur soulèvement. “J’avais de bonnes idées à l’époque”, sourit Eman en ravalant ses larmes. Elle vit désormais au Qatar avec son mari et son petit garçon. L’échec de la révolution était trop dur à avaler.
Fuir? Impossible pour Ammar et Solafa. Tous deux continuent à lutter à leur manière: l’un dessine sur les murs de la ville, l’autre interroge la population avec son micro. Et puis il y a Kirilos. Étudiant lors de la révolution, son entrée dans la vie active a repoussé ses désirs de soulèvement politique et de liberté. La vie continue. Entre les allers-retours de 2011 à 2016, dans l’Égypte du Maréchal Sissi, ces quatre trentenaires se penchent sur leur propre histoire et partagent leurs sentiments sur la situation actuelle. En cinq ans, ils ont évolué, traversé des crises, et dû faire face à des choix décisifs, pas forcément en ligne avec leurs idéaux de départ.
Rester vivants dresse le portrait de cette jeunesse qui était à l’avant-garde de la révolte et a pourtant vu son pays s’enliser dans un régime politique parfois considéré comme pire que celui qu’elle a destitué. Les idéaux se sont perdus, quelque part entre l’élan de liberté incroyable de 2011 et le régime militaire actuel. C’est l’heure de faire le bilan, mais aussi de reprendre espoir. Car devant ces visages animés par l’amour pour leurs pays, on ne peut qu’espérer un avenir meilleur pour l’Égypte.

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