Eleanor Roosevelt, la plus moderne des first ladies

La série Les Oubliés de l'histoire d'Arte s'intéresse à la vie de la femme du président Roosevelt. Un esprit libre et engagé qui a largement contribué à la réussite de son mari.  

Eleanor Roosevelt ©Prod

Si la vie de Franklin Delano Roosevelt a largement traversé les 70 dernières années – le nombre de nouvelles biographies et essais qui lui sont consacrés encore aujourd’hui en attestent -, celle de sa femme Eleanor reste ignorée du grand public. Arte y remédie en diffusant ce dimanche un documentaire exclusivement dédié à celle qui a accompagné les quatre mandats du 32e président des États-Unis.

Tout au long de sa vie, la Première dame s’est dévouée aux autres. A commencer par son mari, atteint par la poliomyélite depuis 1921, et paralysé des deux jambes. Alors qu’il pense abandonner ses ambitions politiques, elle s’investit dans le parti démocrate et permet ainsi à Franklin de ne pas sombrer dans l’oubli. Louis Howe, conseiller du président pendant l’élection de 1932, l’incite à mettre en avant ses convictions féministes. Elle rejoint les mouvements de gauche et combat sur plusieurs fronts toutes les formes d’injustice sociale. L’élection de novembre 1936 n’est pas que le triomphe de FDR. C’est aussi celui d’Eleanor, qui, par son militantisme, a convaincu les minorités (Italiens, Juifs, Noirs) de voter pour lui. Lors de son investiture, elle sera pourtant reléguée au pied de l’estrade. Le nouveau président n’aura pas un mot pour elle.

Un soutien à Londres

La mise en place du New Deal dans les années 30 est le résultat de réflexions entamées par le couple Roosevelt. C’est également Eleanor qui convainc son mari de nominer Frances Perkins comme Ministre des affaires sociales. Grâce à cette dernière, le syndicalisme sera désormais autorisé dans les usines, un salaire minimum sera garanti aux ouvriers et un projet de couverture vieillesse et assurance-chômage sera mis sur les rails. Frances Perkins restera auprès du président durant la totalité de ses mandats.

Mais pour Eleanor, la plus grande injustice reste le sort réservé à la population afro-américaine. En avril 1939, elle invite la cantatrice Marian Anderson pour un concert devant le Lincoln Memorial, malgré la désapprobation de son mari. C’est aussi contre son accord qu’elle se rend à Londres en octobre 1942, pour y rencontrer les soldats américains et ainsi rassurer les mères sur la santé de leurs fils.

Le documentaire revient également sur la vie privée des Roosevelt, dont on ne sait que très peu de choses. La liaison du président avec son ancienne secrétaire Lucy Mercer est abordée. Eleanor, qui pensait cette relation terminée, apprendra qu’il était avec elle le jour de sa mort le 12 avril 1945. Le document revient également longuement sur l’histoire d’amour entre Eleanor et la journaliste Lorena Hickock (une autre femme qui a joué un rôle-clé dans le New Deal). 

53 minutes, c’est au moins ce qu’il faut pour sortir de l’oubli cette femme libre et moderne, qui, comme le dit l’actrice Christine Gagnieux, narratrice de ce documentaire, a fait «entendre les mots de l’Amérique silencieuse, celle des minorités et des pauvres». Une first lady comme on en voit plus à la Maison-Blanche aujourd’hui. 

A voir sur Arte ce dimanche soir ou jusqu’au 21 janvier en Arte +7.   

Sur le même sujet
Plus d'actualité