Comment survivre lorsqu’une mère, un frère, un fils met fin à ses jours

Le monde en face pose la question délicate de la survie des proches après un suicide.

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Il y a dix ans, la sœur de Katia mettait un terme à son existence. Comme 10.000 personnes chaque année en France, un peu moins de 2.000 en Belgique. Un acte le plus souvent inattendu pour les proches, même si, après coup, certains signes auraient pu prévenir du danger. Ce qui ne manque pas d’amener la culpabilité et son lot de questions obsessionnelles. Pourquoi avons-nous raté ces indices? Pourquoi ne s’est-il/elle pas confié(e) à nous? N’étions-nous pas assez dignes de confiance? N’avons-nous pas été à la hauteur? N’y avait-il pas d’autres moyens pour évacuer son mal-être? La liste est infinie.

Katia Chapoutier a, elle, choisi d’exorciser sa souffrance avec l’écriture d’un livre et la réalisation d’un documentaire dans lesquels elle part à la rencontre d’endeuillés. Certains le sont depuis peu, d’autres depuis plus de dix ans. Tous sont passés par le même enfer, de la douleur à la colère, marqués à vie par ce cataclysme que représente le suicide. Mais tous sont encore debout. Et la plupart sont aujourd’hui capables d’évoquer le disparu, avec beaucoup de tendresse, de pudeur, et une larme à l’œil bien sûr. Ils expliquent comment ils ont réappris doucement à vivre sans avoir de réponse à toutes leurs questions. On ne se pardonne jamais le suicide d’un proche mais on finit par respecter son choix, si cruel soit-il. Ensuite, il faut apprendre à porter ce fardeau. Et surtout à en parler. Pour soi et surtout pour les autres. Car le suicide reste encore tabou. Personne n’aborde le sujet avec ses proches parce qu’on se croit à l’abri. C’est malheureusement faux. L’évoquer est en soi une forme de prévention.

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