L’amour en héritage

L'heure d'été: Un très joli film sur le temps qui passe et la transmission.

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Ancien critique aux Cahiers du Cinéma, Olivier Assayas est avec Luc Besson le moins français des réalisateurs hexagonaux. Ainsi, après quelques errements teintés de science-fiction (Demonlover), le cinéaste renoue avec un cinéma moins poseur et livre avec L’heure d’été le plus taïwanais de ses films. Sa caméra effleure en effet plus qu’elle ne pénètre le quotidien de la famille Berthier, apparemment unie, jusqu’à la mort soudaine de la mère. Assayas trace avec une émotion retenue la relation entre deux frères et une sœur encombrés par leurs souvenirs. Que faire en effet de la grande bâtisse familiale et toutes les œuvres d’un grand-oncle artiste consignées par la défunte comme on conserve des lettres d’amour?

Subtil, raffiné et voilé d’une délicate poésie impressionniste, ce tableau familial ne manque assurément pas d’âme. Mais il abandonne parfois ses personnages à leur représentation. C’est ailleurs que le film nous fait vibrer. Par l’intelligence de son rapport au temps, la pertinence de son questionnement sur la place de l’art, sa nécessité même. Mais avant tout par sa façon personnelle de nous dire que si l’on n’apprend pas à gérer notre histoire (individuelle), on ratera le train d’un monde moderne en perpétuel mouvement.

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