Rowan Atkinson: de Mr Bean à Maigret

Nouveau volet des enquêtes de Maigret à la sauce anglaise. Avec un Rowan Atkinson impeccable. 

maigret

Arlette, strip-teaseuse, vient confier à la police judiciaire une conversation entendue dans sa boîte, à Pigalle: un homme, Oscar, projette de tuer une comtesse. Évidemment, le témoignage a peu de crédit… Sauf qu’on retrouve, peu après, la même Arlette et une comtesse étranglées dans leur appartement. Maigret n’a de cesse de découvrir le coupable. Et installe ses quartiers dans le Paris interlope. Voilà le canevas. Là-dessus, la société britannique qui coproduit l’œuvre avec John Simenon, fils du romancier à la pipe, s’est fixé pour but de créer une fiction à portée internationale, qui se dégage du côté très français de l’intrigue. Ajoutons à cela que cette affaire-là a été jouée par quasi tous les Maigret antérieurs, Gabin excepté. Jean Richard, Bruno Cremer, Michael Gambon mais aussi Gino Cervi (le Peppone de Don Camillo) et un acteur japonais ont investigué sur cette mystérieuse comtesse ruinée, entourée de gigolos et de profiteurs sans scrupule, au passé trouble. 

Ce n’était pas simple. C’est réussi. Mister Bean a trouvé ses marques et remplit l’imperméable du commissaire. Il en a la pesanteur, la lenteur, la froideur… et le regard qui perce à jour sous l’apparente bonhomie. On n’aurait pas parié un liard, mais il fait oublier ses prédécesseurs… Aidé en cela, aussi, par le soin apporté à l’esthétique de l’ensemble. Les lumières, les décors, les rues de Budapest sous la neige, confèrent une très belle atmosphère à l’ensemble. Et l’on savoure de redécouvrir le sens du scénario de Simenon, horloger aux mécaniques bien huilées qui boucle son histoire en deux jours, nous baladant de déductions en surprises. 

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