La télé, cette machine à scandales

Aujourd’hui, c’est Tex. Hier, c’était Gainsbourg. Voici la longue épopée de ceux qui ont tapageusement crevé l’écran.

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Quand Tex lâche une blague douteuse, la sentence est irrévocable. Telle est la télé d’aujourd’hui, vissée sur des principes de bienséance et, dans sa position fragile face à la concurrence Netflix & Cie, effrayée à l’idée de perdre la confiance de ses derniers fidèles. Ce ne fut pas toujours le cas, heureusement. Au siècle dernier, au lieu de reculer, le petit écran prenait à cœur la liberté qu’on lui avait octroyée, laissant Gainsbourg brûler un billet en direct ou Bukowski arriver complètement soûl chez Pivot. Elle ne coupait pas au montage les séquences trop polémiques, comme le tandem Ruquier/Barma le fait quand sa chroniqueuse s’emballe face à une invitée. Elle se moquait de tout, elle se souciait à peine du qu’en-dira-t-on, et elle n’hésitait pas à transgresser au même rythme que la société s’émancipait. 

Alors bien sûr, le premier corps nu fit sensation et donna naissance au carré blanc. Et lorsque le genou d’une présentatrice fut dévoilé, il y eut du grabuge. Mais à chaque scandale, c’était un bout de l’histoire de la télévision qui s’écrivait, lui permettant d’avancer et d’évoluer. Une histoire racontée dans un documentaire passionnant où Thomas Hugues, Ariane Massenet, Alexia Laroche-Joubert ou Rachid Arab évoquent ces époques où le petit écran s’autorisait la bavure, la faille, l’improvisation, l’excès et, au bout du compte, l’audace. Plus de huit décennies d’agitation qui ont le mérite de nous rappeler pourquoi on a tous décidé un jour de faire trôner cette étrange boîte à images au cœur de nos salons. Et pourquoi, aujourd’hui, ce même objet est en train de faire cette inquiétante marche arrière qui, sauf sursaut, l’enterrera inévitablement. 

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