Aurore, récit violent d’une enfance brisée

En trois épisodes, Laetitia Masson dresse le portrait de deux femmes liées par un passé tragique.

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Aurore marque le retour de Lætitia Masson derrière la caméra. La réalisatrice de À vendre et Love Me n’avait quasiment pas tourné depuis Petite fille (2011, France 3). Dans ce 3 x 52’, produit par Pampa Production, Lætitia Masson explore la violence liée à l’enfance. Celle d’une mère défaillante, d’abord, puis celle d’Aurore envers un autre enfant. Ce film en trois chapitres (peut-on vraiment le nommer série?) nous plonge dans l’abîme d’un drame circonstanciel, éclairé des paysages lumineux de la Camargue. Les étangs salins assèchent les peaux et les âmes d’une classe sociale populaire. Le soleil du Sud adoucit la misère affective, à moins qu’il ne l’accentue! 

Sur cette thématique d’enfance abîmée, dans un même format, Aurore n’a pas tout à fait la puissance de Manon. Cependant, les premières minutes de l’épisode 1 vous sèchent elles aussi. Vient ensuite, le face-à-face entre deux femmes Aurore (Élodie Bouchez), en quête désespérée de réinsertion et d’amour, et Maya (Lolita Chammah), sœur de la victime, cherchant à panser son traumatisme au contact de la première. Ira-t-elle au bout d’une vengeance? Lætitia Masson signe un beau portrait de femmes autour des séquelles laissées par la mort d’un enfant au travers d’un prisme rarement traité. Elle pose également la question du droit à l’oubli pour toute une galerie de personnages. 

Aurore, c’est aussi des actrices! Elodie Bouchez, sensible, fragile, toujours juste. Lolita Chammah, toujours ambiguë. Hélène Fillières, sombre et fébrile. Aurore Clément, extraordinaire. Et la petite Ambre Hasaj (Rose), adorable et marquante. Lætitia Masson livre une fiction âpre, esthétiquement très belle, que ses quelques imperfections rendent encore plus touchante.

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