Top of the Lake: une deuxième saison pas au top

L’intégrale de Top of the Lake sort en DVD chez Arte Editions. Si la saison 1 avait fait l’unanimité, ce n’est pas le cas de la deuxième, qui en a déçu plus d’un. Bilan.

Top of The Lake, Saison 2 © See-Saw Films / Sally Bongers

Forte d’un excellent accueil critique en 2013 lors de la diffusion de sa première saison, Top of The Lake n’a pas convaincu tout le monde avec son deuxième volet : China Girl. Diffusés pour la première fois sur Arte en novembre 2013, les trois premiers épisodes de la saison 1 avaient enregistré en moyenne 3,8 % de part de marché et 822 000 téléspectateurs. Le lancement de la saison 2 de la série le 7 décembre dernier a attiré 857 000 habitués en moyenne sur les deux épisodes inédits de la soirée, soit 3,7 % du public. Mais malgré ce bon départ, la suite de la deuxième saison n’a cependant rassemblé que 703 000 téléspectateurs pour les deux épisodes suivants, soit 3,2 % du public.

De la campagne à la ville

Les critiques sur cette suite de l’excellente série de Jane Campion (The Piano, In The Cut), portée par Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) sont mitigées. Ce qui semble décevoir le plus, c’est le changement de cadre. Si la première saison pouvait compter sur les décors mystiques d’une petite ville lacustre de la Nouvelle-Zélande, le cadre plus vacancier et populaire de Sydney n’a malheureusement pas convaincu. Pour certains, on y perdrait l’intensité et l’impression de huis clos qui avaient fait la force de la première saison. The Atlantic décrète alors que « la série a perdu son environnement visuel distinctif ». Et pour cause, le directeur de la photographie de la première saison, Adam Arkapaw, n’est pas revenu pour la seconde. Le Monde se montre beaucoup plus enthousiaste vis-à-vis de ce déménagement, affirmant que « Jane Campion accomplit le prodige de conserver la même atmosphère et fait de la ville australienne un lieu surnaturel à l’urbanité diffuse et presque invisible ».

Des hommes insupportables

Si les caractéristiques premières de la série sont toujours là (maternité et misogynie), le sexisme omniprésent est selon plusieurs critiques beaucoup trop exagéré. Pour The Guardian, « le plus grand atout de la série était son exploration du patriarcat et de la culture du viol. Elle essaie de faire la même chose, mais cette fois-ci cela tombe à plat. Matt Mitcham joué par Peter Mullan était un monstre, mais un monstre complexe, écrit avec nuance et pour lequel on pouvait même ressentir une certaine sympathie ». Ce qui est loin d’être le cas de Puss (David Dencik), personnage plus que détestable qui semble tout droit sorti d’un dessin animé tant son côté diabolique est accentué. Mais si les critiques affirment que « tous les hommes » de la série sont d’horribles machos, elles semblent oublier le personnage de Pyke (Ewen Leslie), le père adoptif de Mary, un homme doux et à l’écoute des femmes qui l’entourent. Nuance donc.

Gwendoline Christie © BBC / See Saw Productions Austra

Des femmes oubliées

Certains s’offusquent également de la place laissée aux femmes de couleur. China Girl se concentre en fait sur le meurtre d’une prostituée thaïlandaise (et non chinoise). Pour The Atlantic, « les Thaïlandaises de la série ne sont que de simples décorations et la série ne donne aucune information sur leurs passés, leurs sentiments ou leurs rêves ». Leur présence ne servirait finalement qu’à embellir les histoires des personnages blancs.

Des actrices talentueuses

Malgré ses défauts, la série reste saluée et appréciée pour son casting irréprochable. Elisabeth Moss continue de fasciner et Nicole Kidman, la grosse surprise de cette saison 2, est saisissante. On ne résiste pas au visage angélique d’Alice Englert, la fille de Jane Campion, tandis que Gwendoline Christie passe du rire aux larmes, un côté que nous n’avions (jusqu’à présent) pas vu d’elle dans Game of Thrones.

Les réalisateurs ont bien insisté: Top of the Lake n’est pas une série policière, et l’erreur est peut-être finalement de la prendre pour telle. L’histoire d’adoption de Robin et Mary finit par être plus convaincante que le mystère du meurtre. China Girl n’est donc pas un drame criminel, mais une histoire humaine avant tout. Et c’est finalement là qu’on attendait Jane Campion.

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