La nouvelle série RTBF, eLegal, démarre le samedi 13 janvier

Unité 42 vient à peine de s'achever qu'eLegal prend la relève, avec des affaires judiciaires qui touchent, elles aussi, à la cybercriminalité.

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Comme La trêve et Ennemi public, qui se déroulaient toutes les deux dans un environnement isolé, les nouvelles séries RTBF traitent d’un univers commun. La ressemblance s’arrête là. Puissante, intense, glacée, Unité 42 immergeait le téléspectateur dans un monde glauque et parfois très désespérant – ce qui a suscité des réactions contrastées. Les audiences ont baissé, par rapport aux autres séries RTBF (on reste sous les 300.000 contre 360.000 à La trêve et 355.000 à Ennemi public en moyenne), mais le bilan reste très positif, d’autant que deux éléments compensent. La courbe est devenue ascendante à partir de l’épisode 7, ce qui marque un intérêt grandissant. Et ces audiences atteignent près de 330.000 (soit 20 % de plus) en comptabilisant les gens qui suivi Unité 42 en différé, dans les 7 jours après la première diffusion. Un phénomène qui prend de l’ampleur puisque le chiffre des deux premières séries ne gonflait que de 11 à 13 %.

Avec eLegal, la RTBF ne risque pas d’effaroucher le public. Le ton est plus clair, la forme plus orthodoxe. Plus française aussi. C’est peut-être une des raisons de ce changement de jour de diffusion, du dimanche au samedi, où l’on retrouve beaucoup de séries ou de téléfilms bleu blanc rouge. Ici, la belgitude se fait discrète, dans les détails géographiques et quelques pointes d’accent. Cela marque une certaine cohérence avec l’aspect volontairement universel des affaires traitées. Car eLegal envisage surtout l’aspect sociétal de la cybercriminalité, et la façon dont tout le monde pourrait croiser un jour un de ces cas (harcèlement à l’école, pédopornographie, achat online de produits interdits…). On imagine bien des écoles présenter un épisode à leurs élèves dans un cadre préventif – ou la RTBF s’en servir pour amorcer un débat.

Derrière les affaires il y a forcément des personnages. Valentine (Olivia Harkay), une avocate trentenaire trop lisse pour être vraiment saine. Fran (Raphaëlle), une hackeuse toute griffes dehors qui sort d’un procès où elle a été défendue par Valentine, et qui travaille provisoirement au cabinet pour payer ses honoraires. Théo (Adrien Letartre), un avocat stagiaire pétri de certitudes. Et Bartho (Esteban Gomez Navarro), 10 ans, le fils drôle et futé de Fran. Détail qui a tendance à pourrir l’ambiance: l’avocate est la demi-soeur de sa cliente. Leur père a mené pendant des années une double vie, passant de sa famille officielle à sa maîtresse et sa fille Valentine, ce qui a laissé des traces chez l’une comme chez l’autre.

Une trame plutôt classique, si ce n’est l’intégration naturelle de personnages différents (Fran est veuve, lesbienne et sourde avec un implant cochléaire, sans que cela soit monté en épingle) et surtout l’éclairage sur les lacunes béantes du Code civil face à des cybercriminels qui évoluent cent fois plus vite que les législateurs. À défaut d’être vraiment innovante, la série ne manque donc pas d’intérêt, d’autant qu’elle est bien écrite et servie par un excellent casting. Un conseil: ne vous arrêtez pas au premier épisode, qui prend son temps pour installer les personnages, les suivants sont plus directs. La surprise viendra des audiences…

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