Home, un drame secouant

Qu’on est bien chez soi… sauf dans le drame puissant de Fien Troch, nouvel exemple de la vitalité du cinéma flamand.

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Le cinéma belge – francophone et néerlandophone – se porte bien, merci pour lui, bien qu’on n’en finisse pas de disserter sur le nombre spectaculaire d’entrées que connaissent les productions du nord du pays. Nos compatriotes flamands sont en effet très attachés à “leurs” films, même si, à y regarder de plus près, ceux-ci sont souvent des coproductions impliquant toutes les forces vives de notre 7e art, sans frontière linguistique.

Ainsi en va-t-il pour Home, qui a raflé pas moins de six Ensor – l’équivalent flamand des Magritte – en septembre dernier, dont celui du meilleur film, de la meilleure réalisatrice, du meilleur acteur (remis conjointement aux 3 rôles masculins principaux) et de la meilleure actrice. Difficile de faire mieux! Il aurait été invraisemblable de passer à côté d’un drame aussi secouant, qui traite de l’adolescence mais aussi et surtout de la famille, et de l’horreur ordinaire qui se déroule parfois en son sein. Car c’est là que se situe la redoutable efficacité de Home: sous une première apparence trompeuse de récit centré sur une jeunesse écervelée, le curseur se déplace progressivement vers l’échec des adultes à transmettre à leurs enfants l’équilibre qu’ils méritent. Fien Troch installe une tension qui va s’élever progressivement jusqu’à ce qu’une révélation terrifiante vienne déclencher la violence de certains protagonistes.

Avec son format original – plusieurs séquences sont des vidéos issues de smartphones – et ses jeunes interprètes – des acteurs non professionnels – bluffants de naturel, Home prouve à nouveau à quel point le cinéma belge se sent bien chez lui.  

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