La vengeance de Laetitia Milot

Deuxième saison de La vengeance aux yeux clairs, une des pires sagas de ces dix dernières années. Et ça va faire de l’audience…

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TF1 n’a peur de rien. À l’heure où la télévision française investit dans des fictions modernes et de qualité, la chaîne n’a aucun complexe à produire ce feuilleton construit sur un coin de table par des copains ravis de se payer la gueule du monde en empilant les clichés. À tout prendre, on préférerait cette version à l’idée de scénaristes planchant consciencieusement sur cette histoire sans queue ni tête. Une ado dont la famille a été tuée lors d’un accident revient des années plus tard sur les lieux du crime et s’infiltre dans l’entourage du coupable présumé sous les traits d’une avocate trop brillante pour être honnête. Une sorte de Monte Cristo en talons aiguille au regard angélique. Aux États-Unis, ce point de départ vaseux a donné Revenge, un thriller-soap bien mené par Emily VanCamp et Madeleine Stowe. Ici, cinq ans plus tard, on a droit à une saucissonnerie à laquelle Lætitia Milot finit d’ôter toute crédibilité.

Pourtant, en dehors de l’héroïne de Plus belle la vie, à qui on a dit un peu vite qu’elle avait du potentiel, il y a de bons acteurs, Thierry Frémont, Lola Dewaere, Bernard Yerlès, Lannick Gautry. Mais leurs personnages tiennent du Grand-Guignol et ils semblent ignorer où l’histoire doit les mener. Bizarrement, cela n’aura aucun impact sur les audiences. Parce que La vengeance aux yeux clairs a un titre de roman Harlequin, le visage attachant de Lætitia Milot et les décors (bien filmés) de la jolie Nîmes. Parce qu’au début de cette saison 2, Olivia/Emma se lance à la recherche des ravisseurs de sa fille, Lou. Et parce que, comme dans Plus belle la vie ou Demain nous appartient, l’aspect feuilletonnant de ces drames en carton-pâte prend le pas sur le reste. Nullité ou pas, tout le monde voudra connaître la fin. On parie?

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