Mexique, justice pour les disparus

Au Mexique, des milliers de personnes disparaissent mystérieusement chaque année, enlevées par les cartels avec, dans certains cas, la complicité des autorités.

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Le chiffre donne le tournis. Depuis 2006, ce n’est pas moins de 32.000 personnes qui ont disparu sans laisser de trace au Mexique. Du moins, c’est ce qu’avance le gouvernement de Mexico. En réalité, ils seraient beaucoup plus selon les associations locales qui estiment qu’à peine 20 % des disparitions ont été signalées. Un écart qui ne s’explique pas par une volonté de gonfler les chiffres comme ça arrive régulièrement lors des manifestations. Par peur pour leur propre sécurité, certaines familles n’osent pas pousser la porte d’un commissariat. Il faut dire que l’État porte une lourde responsabilité dans cette épidémie d’évanouissements tout sauf naturels. Longtemps, il s’est retranché derrière la lutte contre les trafiquants de drogues attribuant aux narcos la responsabilité de ces crimes. Mais sur le terrain, les preuves s’accumulent, pointant du doigt la participation des agents mexicains – le film présente notamment le témoignage glaçant d’un officier.

Face à cette collusion entre criminels et autorités, les militants des droits de l’homme n’ont plus qu’une option pour recevoir justice: faire appel à la Cour pénale internationale. André Chandelle et Patrick Remacle ont suivi ce combat entre l’Amérique centrale et La Haye. Une bataille juridique semée d’embûches bureaucratiques dans laquelle les plaignants se trouvent confrontés à la lourdeur de l’institution internationale. Lueur d’espoir dans le quotidien des victimes: les parlementaires ont adopté en octobre dernier une loi prévoyant de lourdes peines pour les fonctionnaires coupables de disparitions forcées ainsi que la mise sur pied d’un système national de recherche de personnes. Un premier pas, mais la route sera longue.  

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