Les racines méconnues du rock

Rumble! rend hommage aux musiciens amérindiens et à l’influence majeure qu’ils ont eue sur la musique américaine.

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Quel est le point commun entre Jimmy Page, Iggy Pop, Steven Tyler et Dan Auerbach (The Black Keys)? Outre le fait d’être des musiciens géniaux, ces rock stars ont été touchées par le Saint-Esprit du rock en écoutant un instrumental mythique de 1958: Rumble de Link Wray. Avec ces trois accords centraux immédiatement reconnaissables, le titre, qui est aussi celui du documentaire, est considéré comme l’un des fondateurs de tout ce qui se fera de mieux en rock et en blues pendant le reste du siècle. Interdit un temps à la radio par crainte qu’il pousse la jeunesse à la débauche – loupé -, il fut l’un des premiers tracks à utiliser une disto donnant ce goût de soufre et de crasse qu’ont partagé Led Zeppelin, The Who ou Aerosmith par la suite.

On doit ce chef-d’œuvre entré au panthéon à un Amérindien. Un “détail” qui a toute son importance ici puisque c’est en partant de cet exemple que Catherine Bainbridge a monté son film, récompensé du jury à Sundance pour une narration magistrale. La réalisatrice qui s’était déjà attaquée à la représentation des Native Americans dans le cinéma avec Reel Injun s’attelle ici à remettre en perspective l’influence de la culture indigène sur l’histoire récente des musiques américaines. Une filiation qui semble naturelle pour Jack White, George Harrison ou Martin Scorsese, mais qui reste injustement méconnue du grand public. Plus qu’une simple généalogie de la musique, Rumble! interroge l’Amérique et étend le spectre au rapport qu’elle entretient avec ses populations indigènes. Et sur l’amnésie qui semble la frapper quant à certains passages de son histoire.

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