Esclavage, prostitution: les nouveaux trafiquants

Ce Complément d’enquête est rigoureusement déconseillé aux déprimés. Nous vivons dans un monde infiniment glauque.

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Les trois reportages présentés ce soir par Thomas Sotto entament sérieusement la foi en l’être humain. Mais ils nous ouvrent les yeux sur des réalités terribles. Dénoncer, c’est agir. Voilà pourquoi montrer ces images insoutenables fait sens et pourquoi les regarder en face est indispensable. Ici, en effet, on prend la mesure de l’expression “L’homme est un loup pour l’homme” (et surtout pour la femme). On démarre en Libye, à Bani Walid, plaque tournante du trafic des migrants. Des milices armées piègent en effet des Soudanais, Maliens, Ivoiriens et Sénégalais. Enfermés dans des entrepôts prisons, ils sont torturés, mutilés, pour rançonner leurs familles. Sur place, le cimetière de ces martyrs de l’exil comporte déjà plus de 600 tombes. Lueur d’espoir, la caméra ira aussi filmer dans un refuge, où les rescapés sont accueillis et soignés. On obligerait bien Theo Francken à zapper sur France 2, ce soir, il y verrait la réalité que fuient les hommes qu’il refuse d’accueillir.

Enchaînons, en France. Là, ce sont des adolescentes des cités de Seine-Saint-Denis que d’apprentis proxénètes de quartier vendent à leurs copains. Depuis deux ans, les cas se multiplient et la police a lancé plus de 60 enquêtes. Les journalistes ont remonté un réseau. Et c’est à vomir. Tout comme la condition des jeunes filles au pair dans certaines familles de France et d’Angleterre. Ces étudiantes, censées recevoir le gîte et le couvert contre la garde des enfants, vivent un quotidien d’esclaves domestiques, une existence d’héroïne de Zola. En Europe. Voire chez nous.  Ça va être dur de s’endormir ce soir… Parce qu’on ne peut pas fermer les yeux sur ces réalités-là.

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