Douche anglaise

Comment une simple douche a changé le visage du thriller au cinéma

7852lesdernierssecretsdeps-4

Un motel lugubre. Un tenancier zinzin. Une belle femme blonde égarée. Une douche. Un meurtre gravé dans les mémoires. Voilà résumé à la manière d’un télégramme l’un des plus grands thrillers de toute l’histoire du cinéma. Pas franchement modeste, Hitchcock savait très bien que le retentissement mondial de son film Psychose (adapté du roman éponyme de Robert Bloch – livre que le réalisateur semble avoir attendu toute sa vie, comme le rappelle McGilligan dans sa bio du Maître du suspense) dépendrait entièrement ou presque de la fameuse scène de la douche. Que Marion Crane (sublime Janet Leigh) prend comme un baptême pour se laver de sa culpabilité, mais qui finit dans… un bain de sang sous les coups de couteau de Norman Bates.

Fruit d’un incroyable montage de 78 plans se succédant à un rythme accéléré, cette scène de meurtre sauvage devait selon Hitch donner “l’impression d’un couteau qui déchire l’écran lui-même, lacérant le film”. Beaucoup moins subtilement monté, le doc Les derniers secrets de Psychose analyse la scène culte, en donnant la parole à d’ex-collaborateurs du film, mais aussi à une foule d’exégètes passionnés et parfois vraiment inattendus comme Elijah Wood (Frodon). Lequel s’extasie devant cette obsession de Hitchcock pour la scène qui confine à de la pure folie. Une dinguerie qui a touché son but: ces 45 secondes de douche ont modifié à jamais le visage du thriller.

Sur le même sujet
Plus d'actualité