Un chef-d’œuvre oublié

L’âge d’or du cinéma français regorgeant de tellement de pépites à (re)découvrir, le petit écran en profite pour ressortir ce lundi soir Le Chat, unique rencontre au cinéma entre Jean Gabin et Simone Signoret. Agrémenté d’une touche belge…

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Début des années septante. Traversant un léger creux, comme acteur mais aussi comme producteur (de la Gafer, fondée avec son ami Fernandel, qui disparaîtra peu après), Jean Gabin ressent, à l’aube de ses 67 ans, le besoin d’un défi: celui d’enfin tourner avec Simone Signoret qui, pour le remplir, pourra être rétribuée “au prix qu’elle exige”. Armé d’une fraîche et solide adaptation de Georges Simenon, il mise sur un huis clos, évoquant la vie d’un vieux couple écrasé par le poids des ans et cohabitant dans un pavillon qu’aucun deux ne veut quitter. Le titre, lui, fait écho à un félin qui réorientera l’histoire, au milieu de laquelle Annie Cordy, en patronne d’hôtel, officie comme troisième rôle, interprété à la hauteur de ses deux illustres acolytes. Le recul fait d’ailleurs presque regretter que la Belge n’ait consacré au moins autant de temps au cinéma qu’à la chanson…

Considéré comme chef-d’œuvre “oublié” du cinéma français, bien qu’il s’agisse du film préféré d’après-guerre de Gabin, cette réalisation de Pierre Granier-Deferre se retrouva au prestigieux Festival international de Berlin en 1971, où le tandem reçut un Ours d’Argent pour son interprétation, en plus d’une nomination pour le long-métrage. De quoi faire oublier le (petit) million d’entrées rassemblées en salles dans la foulée, qui déçut Gabin. Enfin, presque seul un moteur de recherche pouvait nous rappeler qu’un duo formé par Jean Benguigui et Myriam Boyer reprit l’œuvre sur les planches, il y a deux ans…   

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