D’un fils à ses parents

Vincent Lindon s’est installé au panthéon du cinéma français.

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Quand Vincent Lindon est présenté d’entrée par Laurent Delahousse comme un gamin turbulent et angoissé, l’étonnement fait vite place à la curiosité. Son enfance bourgeoise et parisienne cache une relation compliquée avec des parents qu’il veut impressionner et un besoin inassouvi d’être écouté qui l’amènera à enfoncer les portes du cinéma. Tout commence au début de la vingtaine. Sa mère ne sait plus le canaliser et fait jouer ses connaissances pour le faire embaucher comme assistant de Coluche. Vincent Lindon découvre le monde du spectacle et finit par décrocher un rôle dans le film Le faucon de Paul Boujenah en 1983. Fier comme un paon, il préviendra la terre entière. Il brille enfin devant ses parents, mais ce n’est pas encore assez. Il veut rester face à la caméra, où il parvient enfin à se libérer de ses troubles.

Son parcours le mènera à ce fameux jour sur lequel se penche la mèche de Laurent Delahousse: le 24 mai 2015. Un dimanche de printemps comme un autre, si ce n’est que dans la soirée sera annoncé le palmarès du 68e Festival de Cannes. Prix d’interprétation masculine, il va enfin voir ses efforts récompensés et sa soif de reconnaissance étanchée grâce à son rôle de chômeur dans La loi du marché de Stéphane Brizé. Et offrira sa plus belle interprétation, le temps d’un discours. Celui d’un fils désœuvré sans des parents qu’il avait pourtant rendus fous lorsqu’il était adolescent. “Quand je pense que j’ai fait tout ça pour qu’ils me voient, et ils ne sont pas là” dira-t-il les yeux mouillés. Ce soir-là, on aperçoit les origines de la tristesse qui se cache dans son regard depuis toutes ses années.  

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