Crashing: la comédie décomplexée

Après avoir produit Girls et cocréé Løve, Judd Apatow débarque avec Crashing, une série sur les débuts difficiles d’un humoriste à New York.

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Lorsque Pete se fait larguer par sa femme qui l’a entretenu pendant de nombreuses années, il doit reprendre sa vie en main. Fauché et à la rue, il arpente les clubs de stand-up new-yorkais dans l’espoir de percer dans ce milieu de requins. Cette histoire, Pete Holmes la connaît bien puisqu’il s’agit de la sienne. Cocréateur de la série, il incarne également son propre rôle, ou en tout cas “une sorte de version 2007” de lui-même comme il l’explique en interview. À l’aube de la quarantaine, cet originaire du Massachusetts est un véritable couteau suisse, à la fois acteur, auteur, producteur, animateur de podcast et dessinateur. En tandem avec Judd Apatow, le pape de la comédie américaine (40 ans toujours puceau, Super Grave), il délivre avec franchise ses propres emmerdes, entre une vie privée chaotique et un début de carrière plombant.

Crashing, à ne pas confondre avec son homonyme anglaise réalisée par George Kane, fait, entre autres, référence au couchsurfing pratiqué par Pete pour se loger, passant du canapé de T.J. Miller à celui d’Artie Lange et de Sarah Silverman. Tout comme nous, ces derniers sont attendris, mais aussi choqués par la naïveté de Pete qui se lance dans la vie adulte avec beaucoup de retard. Grand, maladroit et sans charisme, celui qui avait prévu de devenir pasteur dans sa jeunesse se retrouve pourtant à faire de l’humour devant des salles à moitié vides, sans perdre son enthousiasme enfantin.

La liberté de ton et le cynisme assumé de Pete Holmes mêlés aux talents d’auteur-réalisateur de Judd Appatow font de Crashing une dramédie cash et grotesque à “binge-watcher” sans aucune gêne. Même les incultes du stand-up y trouveront leur compte grâce au capital sympathie du personnage, sa volonté de réussir et un casting de qualité (avec des humoristes jouant leurs propres rôles et l’excellente Lauren Lapkus). Les fans de Girls et Løve seront ravis de retrouver les dialogues décalés et les moments “awkward” propres aux créations de Judd Apatow. On y découvre aussi l’arrière-scène du stand-up, un milieu contrasté qui s’avère parfois triste et désolant. Sans complexes ni tabous, cette série semi-autobiographique pourrait bien devenir le nouveau show préféré des trentenaires en quête de repères.

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