La mousse d’octobre

Chaque année, Munich vibre au rythme de l’Oktoberfest. Enquête au cœur du royaume de la démesure.  

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Les chiffres qui entourent l’Oktoberfest donnent le tournis, même si, sur place, les visiteurs n’ont pas besoin de ça pour vaciller. Une fois le premier fût percé par le maire de Munich et l’intraduisible formule “O’ Zapft is!” prononcée, ce sont trois millions de litres de bières qui sillonneront le foie de sept millions de visiteurs envahissant la trentaine de tentes et les 115 attractions. L’Oktoberfest est un immense banquet de deux semaines qui réunit toutes les générations et toutes les nationalités autour de la mousse au teint doré. Un banquet rapportant 1 milliard d’euros à sa ville hôte et qui sous son aspect bon enfant cache certains dérapages, pas toujours contrôlés, conséquences d’une pompe coulant en continu. Oppression, harcèlement et violence ne sont jamais loin et les services de sécurité sont sur les dents.

La caméra a la bonne idée de grimper sur chaque branche de l’arbre centenaire. Elle commence avec deux serveuses autrichiennes venues goûter à la folie munichoise et se remplir les poches. Pour elles, ces quinze jours représentent trois mois de salaire en commission et en pourboire. Mais elles devront survivre aux douze heures de labeur quotidien entre les effluves de bières et la poésie d’hommes enivrés par leur décolleté plongeant. Nous croiserons ensuite un groupe de jeunes Australiennes délurées, des vigiles au taquet, le tenancier d’une des plus grosses tentes à bière de l’esplanade, une association de consommateurs, le responsable d’un camping, deux ambulanciers et une famille attachée au respect des traditions bavaroises. Bref, ceux qui font de l’Oktoberfest le temple de la démesure.

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