En douceurs et profondeurs

Jean-Marc Barr raconte la vie de Jacques Mayol, apnéiste qui rêvait de toucher le fond

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C’est pas l’homme qui a pris la mer, c’est la mer qui a pris l’homme. Tout petit, déjà, Jacques Mayol voyait l’eau comme un fascinant univers de rêverie, happé par un silence qui l’obsédait. Né à Shanghai en 1927, il apprend à plonger vers l’âge de 6 ans. Puis il est interpellé par les “ama”, ces pêcheuses japonaises qui utilisent l’apnée pour s’en aller capturer leurs proies sous-marines. Plus tard, il devient pêcheur de homards et chasseur de trésors, acceptant même d’être chauffeur de stars pour gagner sa croûte. Mais c’est toujours vers l’apnée qu’il reviendra, éperdument amoureux des poissons et de leur immense demeure bleue…

En 1966, sa rencontre avec Enzo Mairoca lui donne le goût des records et de la compétition. La rivalité entre les deux hommes deviendra une lutte, puis un art. Jacques Mayol en sortira vainqueur, devenant le premier être humain à atteindre une profondeur de 100 mètres sans bouteille d’oxygène. On est alors en 1976, et le monde comprend que ce plongeur-là, adepte de yoga et de méditation, est probablement plus qu’un homme. Puis vient la rencontre avec Luc Besson qui, en 1983, lui explique qu’il aimerait raconter son histoire dans un film à l’atmosphère onirique. Un certain Jean Reno, alors inconnu, jouera son “adversaire”, tandis que Jean-Marc Barr, tout aussi anonyme pour le grand public, incarnera l’homme-dauphin que Mayol est devenu. Le succès du long-métrage étonnera tout le monde, transformant l’existence de l’apnéiste en poème océanique sublimé par la musique d’Eric Serra. Ce samedi, c’est entre les images d’archives et les souvenirs sensoriels qu’Arte décide de voyager, le temps d’un film dont Jean-Marc prend la Barr et dont la triste conclusion est, hélas, beaucoup moins réussie que celle du Grand bleu… 

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