Une courgette au menu

La maltraitance des enfants au cœur d’une histoire dure mais aussi tendre et porteuse d’espoir.

1361850

Un dessin animé avec une belle histoire en forme de conte de fées qui étale toutes les couleurs du monde merveilleux de l’enfance, ça vous tente? Dans ce cas, vous risquez d’être déçus par Ma vie de courgette, car cette petite perle d’animation franco-suisse sensibilise sur un sujet douloureux: celui d’enfants maltraités placés en institution pour qui la vie ne ressemble franchement pas au monde des Bisounours.

Surnommé Courgette, le jeune héros s’est retrouvé là après la mort de sa mère alcoolique. Et les gamins qu’il côtoie n’ont pas reçu non plus un héritage familial des plus jojos. Pour cette adaptation du roman de Gilles Paris, Autobiographie d’une courgette, le réalisateur Claude Barras a réussi le tour de force de mitonner un récit dur et réaliste, mais aussi bourré de tendresse. Pour ce faire, il s’est adjoint les services de Céline Sciamma (Tomboy, Bande de filles) au scénario. “Je n’ai pas cherché à édulcorer la dureté des situations, explique-t-elle, mais à transformer la cruauté de ces destins individuels d’orphelins en un trajet lumineux.”

Le résultat est brillant, laissant les gamins parler avec leurs mots à eux de leurs blessures morales et physiques. Et les voix des personnages, interprétés par des jeunes acteurs non-professionnels, renforcent la justesse de ton d’un film qui a le bon goût de ne jamais verser dans le larmoyant. Et même de réserver des moments franchement drôles quand les gamins évoquent avec la naïveté de leur âge ces drôles de choses qui se passent sous la ceinture des grands lorsqu’ils sont amoureux.

Claude Barras n’a donc pas perdu son temps au cours des dix années pendant lesquelles il a développé son projet, franchissant lentement tous les écueils d’un tel défi, y compris celui de la stop motion (ou animation en volume): filmer image par image des marionnettes déplacées légèrement entre chaque prise. Un marathon mené à bien pour cette Vie de Courgette qui n’a vraiment rien d’un navet.  

Sur le même sujet
Plus d'actualité