Victimes de la mode

Retour aux sources raconte la longue épopée des vêtements scandaleux, le temps d’un reportage fringant.

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S’aventurer dans le vaste dressing de l’histoire, c’est forcément tomber sur des pièces qui n’ont pas toujours eu la vie facile. Bien sûr, on pense à la minijupe, jadis portée par des… hommes appelés Romains, avant d’être oubliée durant quelques siècles pour devenir l’un des objets les plus irrévérencieux des sixties. On songe également au blouson de cuir, alias le Perfecto, imaginé dans les années 20 pour protéger la peau des motards, puis devenu le symbole absolu du rebelle post-James Dean, cloué sur les épaules de tout fan de Sex Pistols qui se respectait et, enfin, de l’incombustible Terminator. Que dire encore du bikini porté par Brigitte Bardot, Ursula Andress ou Marilyn Monroe, qui a dû patiemment attendre qu’on ne le voie plus comme un émissaire du démon avant de pouvoir tourner la p(l)age?

Les rois et reines du shopping d’aujourd’hui ont évidemment oublié ce que leurs armes de séduction préférées ont dû affronter. C’est précisément pour cela qu’Élodie de Sélys, ce vendredi dans Retour aux sources, offre un aide-mémoire au parfum de polémique. Plusieurs décennies sont parcourues, taillant un costard aussi bien au blue-jean qu’aux talons aiguilles, à l’ample baggy qu’au simple pantalon, ce dernier ayant longtemps été refusé aux dames qui ne se promenaient ni à cheval, ni à bicyclette. Une odyssée passionnante à travers les audaces de ces “tenues correctes exigées” qui ont façonné l’interminable guerre livrée par les hommes et les femmes sur le champ de bataille du prêt-à-porter. Ou comment raconter la mode par les codes, et la morale par les scandales, en priant gentiment les bien-pensants d’aller se rhabiller.

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