RTL licencie 105 personnes mais «rien ne va changer»

La chaîne privée entame une restructuration drastique pour mieux affronter l'avenir. Et tenter de prouver qu'on peut faire la même chose en télé, en radio, sur le web, avec un cinquième de salariés en moins.

Philippe Delusinne RTL

Ce matin, l’annonce a été faite au personnel. Selon les termes de Philippe Delusinne, administrateur délégué de RTL, 105 personnes «pourraient être concernés par un licenciement», victimes d’une transformation radicale de leur entreprise. Un séisme attendu, bien sûr, depuis l’annonce de l’intrusion de TF1 sur le marché publicitaire belge. Le message de Philippe Delusinne est très clair. Cette décision entraînera de graves dommages aux télévisions francophones belges, en particulier à la chaîne publique. Mais licencier 15 % du personnel, avant même d’avoir une idée de la perte des rentrées publicitaires c’est rude. Pour les employés c’est même une aberration de la part d’une société qui présente un bilan financier positif.

Dans la lettre adressée au personnel de RTL, Philippe Delusinne souligne que cette mesure répond à plusieurs menaces (un marché publicitaire qui s’essouffle, des financements publics hors quotas accordés à la RTBF, l’offre grandissante des opérateurs, comme les câblo-distributeurs, la concurrence de plateformes comme Netflix, l’évolution des modes de consommation radio et télé…). Et que la société doit se transformer pour s’assurer un avenir et «maintenir sa position d’acteur fort sur le marché belge». A ce titre, il annonce d’ailleurs le développement de l’offre digitale, avec une télévision de rattrapage gratuite – une sorte d’Auvio maison.

Une situation humainement douloureuse

Si tout va changer dans la structure de l’entreprise et pour ses équipes (rédactions communes pour les différents médias, unique plateforme interne de production, «optimisation de l’organisation de RTL»…), le téléspectateur/auditeur continuera à bénéficier de ses programmes comme d’habitude. Et de ses présentateurs vedettes bien sûr. La rentrée télé de RTL-TVI, riche en nouvelles émissions, a d’ailleurs été significative. Le public et les contenus sont préservés. Pour autant qu’il soit possible de maintenir une offre qualitative équivalente avec 15 % des effectifs en moins.

L’avenir de dizaines de personnes va se jouer dans les prochaines semaines. La chaîne pour laquelle ils travaill(ai)ent depuis des années, parfois, va désormais se construire sur un mode 2.0 dont personne ne peut garantir le résultat. Espérons pour l’ensemble des médias belges que cette situation humainement douloureuse ne mène pas qu’à la satisfaction d’actionnaires sûrs de leurs droits et de leurs exigences…

Sur le même sujet
Plus d'actualité