American Schizo

Arte retrace l’histoire de la sale guerre du Vietnam au fil d’une copieuse série complète et ultra-fouillée. 

vietnam6_arte

À la fin des neuf épisodes de Vietnam, il ne reste plus beaucoup de questions. Juste une interrogation naïve à laquelle Ken Burns et Lynn Novick n’auraient pas pu répondre même s’il y avait consacré leur vie: pourquoi? On n’en tiendra pas rigueur au tandem de réalisateurs qui, au prix d’une décennie de travail minutieux, est parvenu à relever son défi de relater un conflit aux racines profondes, aux intérêts divergents et aux traces indélébiles. Un bourbier sans vainqueur qui raconte beaucoup de l’histoire du 20e siècle. Celle de la fin d’un monde colonialiste que la France et les États-Unis n’ont pas voulu voir. Puis, celle d’un peuple à qui on a voulu imposer une façon de vivre son indépendance, après la lui avoir refusée à ses propres conditions. Enfin, et surtout, celle d’une Amérique arrogante et vaniteuse tellement obsédée par le spectre de la menace communiste qu’elle a fermé les yeux sur ses propres démons.

Cette même Amérique impérialiste qui joue une partie de Risk à taille humaine en faisant puis défaisant les régimes de coups de pression en coups d’État. Elle qui se présente en chantre de la démocratie venue sauver les populations opprimées à l’autre bout de la terre alors qu’elle découvre, dans le sang et les slogans, que son Way of Life ne satisfait pas aux principes d’humanisme les plus élémentaires. Ceux pour lesquels les mouvements pour les droits civiques naissants se battent en son sein. Si la guerre du Vietnam fut un bordel, cette série est parfaitement à l’opposé de son sujet. Chronologiquement bien découpée, elle rend compte, à force de témoignages pertinents et d’archives à la pelle, des petites et grandes histoires qui ont engendré un des conflits les plus absurdes. S’ils ne le sont pas tous.

Sur le même sujet
Plus d'actualité