Un don ou une malédiction

The Wizard of Lies retrace les derniers jours de Bernard Madoff à la tête de sa pyramide de Ponzi et éclaire l’impact dramatique que l’affaire a eu sur sa famille.

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Énième preuve que la télé américaine fait son cinéma, c’est au réalisateur oscarisé de Rain Man et Good Morning Vietnam, Barry Levinson, que la chaîne câblée HBO a confié le projet sur la fin de parcours de Bernard Madoff. Et dans les rôles principaux, que du lourd: Robert De Niro prête ses traits au magicien de Wall Street en face d’une Michelle Pfeiffer magnifique en épouse anéantie.

Pionnier ultrarespecté, voire vénéré, de la bourse des valeurs technologiques, Bernard Madoff préside le Nasdaq à l’aube des années 90. Il use alors de son aura pour créer un nouveau fond d’investissement spéculatif et n’a qu’à sourire pour gagner la confiance de riches institutions ou particuliers prêts à se battre pour placer leur argent chez lui. Mais quand éclate la crise de 2008, un mois suffit pour comprendre que le fonds est un leurre, une immense “pyramide de Ponzi” valant 65 milliards de dollars. Soit un montage financier au sein duquel Madoff promettait des taux d’intérêt inégalables et se servait de l’argent des nouveaux investisseurs pour rembourser les anciens, s’arrogeant une belle commission. Et lorsque la machine s’enraie, des milliers de personnes voient leurs économies s’envoler.

Levinson dépeint un homme seul qui, essayant de protéger sa famille, la fera exploser en plein vol. La plus-value, si l’on ose dire, réside dans cette nuance. Régulièrement décrit comme le mal absolu depuis 2008, Bernard Madoff apparaît ici dépassé par son talent de manipulation et par la machine qu’il a mise en place. “Les gens me font directement confiance. C’est un don mais aussi une malédiction” fera-t-il dire à De Niro.

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