Complice ou démago?

Chaque semaine, Steph fait le job va nous montrer Stéphane Pauwels s’essayant à une profession sous-estimée. Une bonne idée?

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Avec cette nouvelle émission, RTL veut asseoir son ancrage belge et, plus que jamais, rencontrer son public, au plus proche. Attention danger! Car la frontière entre proximité et démagogie est ténue. Entre Vu à la télé et certains reportages, la chaîne privée la franchit plus souvent qu’à son tour. Pourtant, comme aucun autre acteur belge, elle arrive aussi à la transcender pour nous offrir des programmes humains, qui filment les “vraies gens” avec empathie et complicité. L’amour est dans le pré, Appel d’urgence, les exemples sont légion. À quelle catégorie appartiendra le petit nouveau?

On avoue, sur le papier, le personnage Pauwels fait craindre le pire. L’animateur fort en gueule, le trublion, le roi du pied dans le plat en jeans moulant en baskets de marque semble un choix risqué pour l’aventure. Erreur. Il ne faudrait pas oublier que c’est, aussi, l’intervieweur des Orages de la vie. Un gars populaire, qui sait provoquer la confidence et s’ouvrir à la rencontre. C’est cette belle facette de sa personnalité que l’on a vue dans le premier épisode de la série. Avant boucher ou puériculteur, il y était éboueur pour deux jours. Et il a VRAIMENT fait le job. Il l’a mise en veilleuse pour suivre les instructions. Il a mouillé la chemise et le dossard fluo pour tracter des quintaux de sacs de détritus le long de la bien nommée rue du Calvaire. Il nous a livré des moments de vérité, où on l’a vu partager la pénibilité du métier. Il a écouté ses collègues temporaires et, surtout, a su les mettre en valeur.

La sobriété du montage et de la réalisation accentue, aussi, cet aspect sans sensationnalisme. Alors on aurait tort de se braquer sur les moments d’introduction, où l’animateur tente de créer la connivence de façon un peu artificielle, à coup d’accent wallon et de phrases toutes faites (“Qué novèlle à Lîdje?”). On ne s’arrêtera pas aux moments “café du commerce”. On se souviendra de lui, trempé de pluie, nous faisant découvrir un job essentiel et difficile. On se rappellera qu’il a, par l’exemple, réussi à ce qu’on arrête de râler quand le camion poubelle bloque la rue, le matin, dans les embouteillages. Et l’on donnera sa chance à l’édition suivante. Espérons que l’essai soit transformé!

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