Serial Mum

Quand Carole Bouquet se prend pour Hannibal Lecter… ça donne La mante. Le thriller psychologique de la rentrée.

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Longtemps, on a reproché sa froideur et sa distance à l’actrice. Même en James Bond Girl (For Your Eyes Only), elle imposait une image d’intellectuelle, sublime mais inaccessible. Par des comédies comme Trop belle pour toi, elle a tenté de montrer les facettes rieuses de son registre… Mais, on avoue, sans vraiment convaincre. Enfin, dans ce qui est la série événement de TF1, Carole rejoue de cette apparence glacée. La voici incarnant Jeanne Deber, dite La mante. Une tueuse. Une psychopathe même, au tableau de chasse bien rempli. En la voyant déambuler lèvres pincées à l’écran, on pense à un Hannibal Lecter qui aurait oublié la gourmandise et la musique baroque. Et l’on savoure de voir un vrai personnage de criminelle porté à l’écran.

L’archétype de la tueuse au sang froid, fascinant s’il en est, est un argument trop peu exploité dans les fictions télé. Il est pourtant diaboliquement efficace, porté par le malaise que suscitent les pires noirceurs associées à la féminité, censée représenter douceur et protection. Surtout qu’ici, l’autre facette de l’“héroïne”, est qu’elle est mère. Le thriller est aussi une histoire de famille. La mante est en effet une serial killeuse condamnée à perpétuité, sommée de collaborer avec la police pour arrêter un copycat, qui s’inspire de ses méthodes et méfaits pour occire des hommes. Et elle n’acceptera de donner ses conseils qu’à une seule personne: son fils Damien, flic de son état (Fred Testot), qui refusait tout contact avec sa génitrice.

La mante, c’est aussi, façon Dexter, une exécuteuse dont les victimes méritent leur châtiment (enfin, c’est son avis). On n’est donc pas face à du polar à la petite semaine. Il s’agit bien d’une grande histoire qui va s’écouler sous nos yeux, avec ce qu’il faut de chausse-trappes, de crises et de moments de tension terrible. Quel programme! La portée en dépasse largement le cadre des productions françaises habituelles… Le casting, d’ailleurs, renforce cet aspect “digne du cinéma”. Aux côtés de la star, on retrouve Jacques Weber, Frédéric Bel, Robinson Stévenin, bref, des comédiens de haut vol, qui ne cachetonnent pas! La seule ombre au tableau concerne sans doute la réalisation, un peu plate… Mais pas au point de zapper ces 6 épisodes, dévorants.

Attention: si les deux premiers épisodes sont diffusés ce soir sur La Deux, c’est pour laisser La Une au match Grèce/Belgique. La série reprendra sa place dès la semaine prochaine sur La Une.

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