Et lui, et lui, et lui

Bien aidé par Françoise Hardy, Jacques Dutronc accepte de retracer ses 50 ans de carrière dans un docu un poil long.

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Ça commence comme un concert. La guitare est sèche, rapide. Les lunettes de soleil vissées sur le nez pour couvrir ses yeux sensibles, un blouson en cuir sur le dos, Dutronc s’assoit et lâche son sourire carnassier. La vie a marqué son visage mais la classe demeure. “Dutronc, c’est cinquante ans de chanson et de cinéma. Mais lui n’a jamais voulu tout ça”, dit Frédéric Brunnquell, le réalisateur du docu. Celui qui se définit comme un Martien au milieu d’une jeunesse qui découvre la liberté des années yéyé ne se voyait effectivement pas chanteur. Dutronc voulait être musicien. Au début des années 60, il compose un instrumental rapidement remarqué par l’éditeur Vogue et qui, repris par la toute jeune Françoise Hardy, devient Le temps de l’amour. Hardy explose et Dutronc entre chez Vogue comme assistant, dans l’ombre du producteur Jacques Wolfsohn.

C’est bien malgré lui que le succès d’Antoine et de ses Élucubrations le propulsera sur le devant de la scène. Irrité de ne pas être à l’origine d’Antoine, Wolfsohn, qui a lancé Johnny et Françoise Hardy, décide de sortir un nouveau lapin de son chapeau. Il demande à Jacques Dutronc de composer un morceau qui lui permettra de créer de toutes pièces un nouveau talent. Mais les auditions sont calamiteuses et en désespoir de cause, Dutronc s’essaie à la chanson. Dutronc a 23 ans et un monstre est né. Le docu, un peu trop rempli, retrace la vie mystérieuse de l’homme aux cactus et appréhende sa carrière presque accidentelle. Il vaut principalement pour la rencontre avec Dutronc lui-même, plutôt habitué à esquiver ce genre d’exercice. Une interview croisée avec celle de Françoise Hardy, qui semble, elle, avoir très envie de parler de son ex-mari.

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