En roues, libre

Dans Lucie à la conquête de l’Ouest, Jérôme Michalak change notre regard sur le handicap. Grâce à Lucie.  

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“Punk à roulettes!” C’est comme ça que l’animateur, qui réalise le film, qualifie Lucie Carasco. Cette styliste de 34 ans, talentueuse, rock’n’roll et tatouée, circule en effet en fauteuil roulant. Mais ce n’est pas ce qui la définit. Lucie est Lucie, pas une handicapée. Atteinte d’une maladie génétique neuromusculaire, elle refuse de se laisser clouer dans son siège. Lucie est styliste, a déménagé de Lyon à Los Angeles et organise ses défilés de mode. Elle réalise ses rêves. Comme celui de traverser les États-Unis. C’est ce périple que l’on va suivre. Elle le vit en duo avec Jérôme, très présent devant la caméra. Ces 14 jours menés tambour battant la mèneront de New York à Venice Beach (où elle se fera tatouer), passant par le Memphis du King, les bayous de la Nouvelle Orléans ou les Chippendales de Las Vegas. Rien n’arrête Lucie!

Les images, filmées façon journal, avec ce qu’il faut de roots pour être modernes, s’enchaînent, colorées, joyeuses. Dans la bagnole, comme dans la rue, les protagonistes s’asticotent, se vannent, loin de tout politiquement correct. On découvre au passage combien les USA sont en avance, en ce qui concerne l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. On oublie aussi, très vite, la condition de Lucie. C’est juste une personne, une femme vive et étincelante, qui déambule et croque chaque instant. Par ce film, dont le ton impertinent a fait frémir pas mal de chaînes (France 5 le diffuse d’ailleurs avec un temps de retard), Jérôme Michalak montre qu’il n’est pas que le producteur des Anges ou d’Allô Nabila. Une suite aurait déjà été tournée. Vite, on the road again!

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