Les yeux dans les bleus

Olivier Delacroix reprend la route pour une septième saison. L’occasion de dresser le portrait d’un humaniste cabossé et mal coiffé.

Dans les yeux d’Olivier Au nom des miens

Sous son allure de Patrick Sébatien du riche, Olivier Delacroix met en boite des récits de vie. Il sillonne la France à la découverte de destins hors-normes, de personnalités abimées. Le journaliste aux dreadlocks intervient lorsque, une fois la tête hors de l’eau, ces hommes et ces femmes se voient marginalisés. Son crédo : ces anonymes sont sortis des sentiers battus, de gré ou de force, mais ils composent la société et ils ont des choses à raconter.

Nous osons la comparaison avec l’animateur historique du Plus Grand Cabaret du Monde car elle est ici loin d’être péjorative. Au contraire, au-delà d’une coupe de cheveux improbable, ils partagent une volonté rare de faire de la télé « pour les gens ». Leur simplicité, leur look, leur phrasé tendent parfois vers le kitsch, mais force est de reconnaitre que leurs idées populaires fonctionnent et brassent un public très large. Car oui, le concept est basique mais terriblement efficace : une heure et demie de rencontres autour de sujets sociétaux, graves et intimes.

Olivier Delacroix, 53 ans, est un personnage à lui tout seul. Ce n’est pas au hasard qu’il doit sa soif irrépressible de tête-à-tête avec des personnalités atypiques, il en est une. Surfeur, journaliste, rugbyman, musicien… Oliver Delacroix est impossible à caser. Son parcours transpire l’improvisation et suit le sens du vent. Il est aussi jalonné d’erreurs et de drames. La drogue, le suicide de son père en 1998 ou la mort de son nouveau-né deux ans plus tard ont forgé un humaniste doté d’une capacité d’écoute au-dessus de la moyenne et dont le regard trahi une ultra-sensibilité. Bien sûr, un parcours n’a jamais fait un bon animateur ou une bonne émission. Encore fallait-il ce charisme télévisuel et ce talent inné pour dénicher ses sujets et ses intervenants. Sa répartie fait mouche, sa voix apaise, ses yeux percent les plus solides carapaces.

Cette septième saison débute par un rejet de la fatalité. Au nom de tous les miens dépeint la révolte de ceux qui, par amour ou par souci de justice, ont révélé des forces insoupçonnées pour surmonter l’insurmontable. Qu’ils aient sauvé un enfant, prouvé leur innocence ou condamné les traditions de leur pays d’origine, Catherine, Karen, Teliwel, Yoann et Sabrina ont tous plongé dans les yeux d’Olivier.

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