Sacré fait d’armes

Basé sur une histoire incroyable mais vraie, le film conte l’aventure épique de deux ados qui ont fait fortune en vendant des armes au Pentagone.

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2007. Un peu idiots, mais sacrément malins, Efraim et David, 20 ans, répondent à un appel d’offres du gouvernement américain pour fournir du matériel et des armes à ses soldats aux quatre coins du Globe. Et ils décrochent la timbale! Entraînés au jeu de l’argent qui tombe plus vite que les morts au combat – dont Phillips ne nous montre rien, les deux gaillards tentent le coup de trop et tout part en vrille…

Cette équipée picaresque de deux ados boutonneux qui sont parvenus à s’offrir un marché de 300 millions de dollars avec le Pentagone semble surgir de l’imagination débordante d’un scénariste en mal de reconnaissance. Pourtant détrompez-vous: War Dogs est une histoire authentique à laquelle Todd Phillips (réal agité des rigolards Bad Trip) a à peine ajouté quelques événements romanesques, histoire de la pimenter encore, si tant est qu’il en était besoin.

Un peu coincé entre ses références trop grandes pour lui que sont Lords of War pour sa critique cynique du marché des armes et Le loup de Wall Street, pour son portrait scandaleux et jubilatoire d’un trader cocaïné et sans morale, War Dogs compte sur les étincelles probables de l’association inédite Jonah Hill/Miles Teller (révélation du fracassant Whiplash de Monsieur La la Land) pour faire la différence. Et il a bien raison. Hill, ex-chantre de l’humour scato (Supergrave) en Scarface bouffi dépassé par les événements, bouffe littéralement l’écran. Et Teller, faussement ingénu, lui donne du grain à moudre. Ainsi qu’à cette histoire dingo, menée sur un ton pêchu au rythme d’une bande son d’enfer. Et c’est sur cet air de fun archi-divertissant que Phillips décoche, l’air de rien, sa flèche aiguisée dans la mauvaise conscience d’une certaine Amérique va-t-en-guerre, jamais en manque d’idées (très immorales) quand il s’agit de faire de l’argent.

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