Attention, chef-d’œuvre

Enfin rediffusée, la mini-série historique Wolf Hall retrace l’Angleterre d’Henri VIII. Les Tudors… En mieux!

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Dès le générique et les premières images, Wolf Hall, production de la BBC en 2015, éblouit par la beauté de sa photographie. Ouvertement inspirée du Caravage, la mini-série a osé un jusqu’au-boutisme à la Kubrick: toutes les scènes d’intérieur sont éclairées à la bougie. Un choix qui fait sens. Dans la lumière chiche, les ors et les velours de la royauté étincellent… Tandis que les costumes noirs des protestants, enroulés dans la sobriété de la Réforme, se transforment en masses compactes, inébranlables. Cromwell, au sens propre comme au figuré, nous est montré comme un homme de l’ombre. Et ce n’est pas le seul trait de génie de l’œuvre de Peter Kominsky. Ce réalisateur de films politiques, tournés dans des pays en guerre, n’était pas attendu sur une fiction dramatique en costumes. C’est sans doute pour cela qu’il y excelle.

Wolf Hall nous montre bien plus qu’un défilé de belles robes et d’amours royales. Ici, sans effets de manche ni ressort dramatique, on suit l’ascension irrésistible d’un homme, avec en sous-texte l’évolution d’une époque et une réflexion sur le pouvoir. Adaptés du roman Le conseiller d’Hilary Mantel, les six épisodes nous retracent la montée de Thomas Cromwell. Enfin, on nous donne à voir un portrait nuancé, rendant justice à ce personnage d’État, systématiquement représenté comme le grand méchant, l’épouvantail, le corbeau noir des livres d’histoire, magistralement interprété par Mark Rylance (Le pont des espions, Dunkerke…). Le rythme est lent, les intrigues complexes… C’est du Game of Thrones sans sexe, sans dragons et sans batailles.

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