Passion classique

Anna Netrebko en Aïda à Salzbourg, c’est l’un des événements lyriques de l’année. Arte l’a bien capté!

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La Splendida. C’est le surnom de la soprano autrichienne d’origine russe, l’une des rares divas “à l’ancienne”, capable de mobiliser les foules (et de faire flamber le prix des billets par la même occasion). Le rôle d’Aïda est relativement récent dans son répertoire. Jusqu’ici, elle prêtait sa voix puissante à La Traviata et surtout aux héroïnes russes comme Natacha de Guerre et paix. À 46 ans, le temps l’a légèrement assombrie, elle s’attaque désormais à des rôles plus lourds… Mais toujours glamour, comme c’est le cas ici. Cette Aïda s’annonce remarquable par bien des points encore. On retrouvera à la baguette de l’Orchestre philharmonique de Vienne Richardo Mutti et surtout, choix audacieux et symptomatique, une mise en scène par l’artiste vidéaste iranienne Shirin Neshat. Dans la représentation comme dans le livret, Orient et Occident se mélangent et de leur rencontre naît le plus beau et le plus fort…

Par ailleurs, on ne saurait résumer cette journée sur Arte à ce point culminant. La chaîne vulgarise le festival, en présentant ses acteurs principaux. Currentis, le chef d’orchestre qu’on aime ou qu’on déteste. Marcus Hinterhäuser, le pianiste et nouveau directeur. Mais plus que ces documentaires malgré tout pointus, on ne ratera pas l’extraordinaire Requiem de Mozart par Bartabas à 18h15. Préparez-vous à un moment unique (dont on espère que la télévision rendra la magie). Le ballet équestre donne aux airs, si connus pourtant, une dimension nouvelle… Et nous démontre qu’au-delà de la peur que suscite désormais le classique chez le grand public, la “grande musique” est vecteur d’émotion brute et pure.

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