Les fausses dents de la mer

SyFy fait sa Shark Week. Un événement culte pour geeks, indécrottables du Bifff et cinéphiles masochistes. Ça va être lourd.

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La “vraie” Shark Week a eu lieu la semaine passée sur Discovery Channel, comme tous les étés depuis 1988. SyFy a copié, côté fiction. Depuis le triomphe de Sharknado, la chaîne organise désormais, elle aussi en août, son propre marché au poisson. Et il y en a plein les étals! Après Spielberg, le sharkmovie est en effet devenu un sous-genre à part du cinéma d’horreur. Enfin, cinéma, entendons-nous. Ici, le but, affiché, est de nous diffuser des téléfilms, des produits direct-to-video, du 100 % cheap et du 100 % actuel (petit regret pour le manque de vieilles séries Z).

Ces nanars représentent la tendance d’aujourd’hui: effets spéciaux tout au digital, abyssalement bâclés, scénarios catastrophistes, personnages cliché, humour navrant et surtout surenchère dans le concept débile. Par contre, le film de squale des années 2010 est, bizarrement, assez pauvre en bikinis. La bestiole, à l’heure des mutations, des virus et du réchauffement climatique a mieux à faire que grignoter d’accortes baigneuses. Il croque des satellites (Megashark vs Kolossus), des plateformes marines (La planète des requins), des traineaux, chiens compris (Ice Shark) voire même le Sphinx (Sharknado 5). La surenchère est totale, au point d’atteindre une forme de poésie surréaliste quasi hypnotique. Si, honte à vous, vous décidez de vous décrocher de l’écran, retenez les grands rendez-vous: le délicieusement épouvantable L’attaque du requin à cinq têtes mercredi, Sharknado 5 jeudi soir et L’empire des requins, vendredi. Et ce soir la bouse d’ouverture, Shark Shock, qui montre l’attaque de campings dans des marais.

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