Pas de pub dans le JT de TF1 (pour le moment)

En novembre dernier, TF1 faisait la demande de pouvoir diffuser de la pub dans ses JT. La chaîne a obtenu l'autorisation du CSA mercredi passé, mais elle a décidé de s'abstenir pour le moment.

Pas de pub dans le JT de TF1

Le PDG du groupe, Gilles Pélisson, annonçait hier que TF1 n’allait pas interrompre ses JT avec des publicités, du moins pas à court terme. Et c’est un soulagement pour les téléspectateurs puisque cette nouvelle avait suscité de vives réactions. Beaucoup se moquant des incohérences que cela pourrait entraîner, tel que le rythme saccadé que cela donnerait au programme. Depuis 1992, les publicités sont normalement autorisées dans les JT des chaînes privés qui durent plus de 30 minutes. TF1 était donc une exception et n’avait pas ce privilège du fait de sa position dominante sur le marché de la publicité. Mais si le groupe décide de sauter le pas, cela pourrait générer entre 10 et 40 millions d’euros par an, selon les calculs du CSA.

Profil bas

On peut se demander pourquoi la première grande chaîne française a décidé de mettre en route une telle demande si le but n’est pas de l’exploiter. On serait étonné de la voir cracher sur les gains que ça pourrait lui rapporter, la manœuvre serait risquée et les audiences pourraient chuter soudainement. Vu la réaction du public à la nouvelle, TF1 a tout intérêt à se montrer raisonnable. Rien ne presse d’ailleurs, la chaîne déclarait hier son bénéfice net de 46,9 millions d’euros pour le deuxième trimestre. Un résultat impressionnant, en un an celui-ci a été presque multiplié par quatre selon l’AFP. Pas de changement majeur en vue donc, mais pour combien de temps encore?

Information VS réclame

A une époque où le flot d’informations est tel qu’on ne sait plus comment les recevoir, est-il vraiment nécessaire de mêler la promotion de biens à l’information pure? Des nouvelles sur les dernières attaques terroristes suivies d’une réclame pour Coca ou Panzani, quelle drôle d’idée. Quel message cela envoie-t-il au téléspectateur? Si le lecteur ne sait plus sur quoi concentrer son esprit, il risque de décrocher. Ce phénomène n’est que le symptôme d’un paysage médiatique en crise, dont la structure mériterait d’être sincèrement réétudiée. En ce qui concerne TF1, on est soulagé de constater que la chaîne n’a pas encore totalement cédé aux diktats d’un marché de plus en plus compétitif. A moins qu’une stratégie soit déjà en marche …

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