Merci l’Europe

Petit à petit, le splendide parc Zakouma reprend vie malgré la pression des braconniers. En partie grâce au soutien de l’Union européenne.

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Il arrive trop tard, Tanguy Dumortier, avec ce documentaire sur le parc national de Zakouma. S’il était arrivé un an plus tôt, notre bien-aimée Union européenne n’aurait peut-être pas vu l’un de ses membres les plus éminents quitter le navire. Comment nos amis british auraient-ils pu vouloir nous fausser compagnie après avoir vu de quoi l’institution est capable? Lovée dans le sud du Tchad, sur la rive droite du Bahr Salamat, l’étendue de 3.000 km2 doit en partie sa bonne santé à l’UE qui soutient sa restauration depuis 1989. Peut-être motivé par la culpabilité générée par des décennies de braconnage colonialiste, le geste, quoi qu’il en soit, porte ses fruits. À la merci des mauvaises intentions humaines, la faune a longtemps souffert malgré le statut de site classé, accordé en 1963.

Grâce à l’intervention européenne et aux autorités tchadiennes, le parc a vu son nombre d’habitants repartir à la hausse récemment, toutes espèces confondues ou presque. Seul l’éléphant, toujours vu comme une source d’ivoire sur pattes par certains idiots, reste très menacé. Habituée à évoluer en petits groupes, la population de pachydermes s’est résignée à vivre comme un seul homme pour mieux assurer sa sécurité. D’heure en heure, la position de la caravane est scrutée avec attention par les gardes du parc continuellement sur le pied de guerre. Le mot n’est pas trop fort, les forces protectrices perdant des hommes dans leur lutte contre des braconniers armés jusqu’aux dents. Outre un focus sur ce combat de tous les instants, le Jardin explore ce sanctuaire aux deux visages: aride la moitié de l’année, il se transforme en marécage à la saison des pluies. Une schizophrénie hydrographique dans le mode de vie des superbes habitants du Parc.

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