Au temps béni des colonies?

La face cachée des vacances de nos enfants perce à jour l’univers des colonies de vacances, avec intelligence et souci d’exhaustivité.

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“Merci maman, merci papa. Tous les ans, je voudrais que ça recommence. youkaïdi-aïdi-aïda.” Chaque été depuis plus de cinquante ans, des milliers d’enfants et d’ados en quête d’aventure fredonnent cet air imaginé par Pierre Perret. Si à l’époque, il s’agissait de fuir la ville et de s’aérer l’esprit à la campagne, la colonie de vacances a tant évolué que la prochaine destination sera la lune. D’où une enquête au cœur de cette éphémère “école de la vie”. Une démarche qui a du sens car, sans tomber dans la psychose, il est vrai qu’un drame est toujours possible lorsque les parents confient ce qu’ils ont de plus cher à de jeunes animateurs parfois sans expérience.

Soyons honnêtes, on attaque le reportage diffusé par la RTBF (mais produit par la chaîne française M6) avec appréhension. D’autant que son titre, La face cachée des vacances de nos enfants, flirte avec le racoleur aussi lourdement que le beau Jérémy avec la petite Lorie durant la dernière soirée de la colo.

Pourtant, passé cet a priori, il en ressort une percée éclairante à travers le quotidien des ados pendant ces quelques semaines de liberté loin des regards indiscrets des parents. Le reportage varie ses angles de vues et dresse un portrait complet du marché que représentent aujourd’hui les colonies de vacances. De leurs dangers aussi, car entre les sympathiques amourettes et imprudences d’un groupe de jeunes à l’île Maurice et les premiers pas hésitants de Juliette en tant qu’animatrice, il aborde frontalement la mort accidentelle de deux adolescentes lors d’un séjour en Californie et les dysfonctionnements d’une machine pas si bien rodée et pas assez contrôlée. Léger, le ton amuse. Plus grave, il interpelle, mais toujours avec pudeur et retenue. Une vraie bonne surprise.

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