Live: l’électro voyageuse de Thylacine

Montez le son pour Thylacine, artiste précieux de la scène électro.

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Dans la nouvelle vague électronique française, ce n’est sûrement pas le plus connu mais sans doute l’un des plus intéressants. Apparu sous les radars à peu près en même temps que ces copains Fakear et Superpoze, William Rezé, fait partie de cette génération qui prend salles de concert et festivals d’assaut en portant haut les couleurs de l’indéniable savoir-faire hexagonal en matière de production. Thylacine, pseudonyme emprunté à une espèce de loup de Tasmanie éteinte depuis 70 ans, va comme un gant à un artiste qui impose sa singularité depuis ses premiers EP. Dans une scène où la loi du beat le plus fort l’emporte trop souvent, l’Angevin affiche une sérénité planante, prend son temps et ça fait du bien. Loin du cliché du pousse-bouton hédoniste efficace mais pas bien malin, l’ancien élève des Beaux-Arts revendique une délicatesse créative qu’il déroule au fil d’une électronica qui allie la finesse de ses inspirations classiques à la force tranquille d’une techno léchée. À la fois calme et puissant, le répertoire du Français sied autant à la séance d’écoute en salon feutré qu’aux exigences de dynamisme du live.

Dans le processus créatif, le beatmaker multi-instrumentiste – son saxophone n’est jamais loin, même en concert – marque aussi sa différence. Peu inspiré par la bulle studio, c’est dans le train qu’il compose son premier album il y a deux ans. Pas n’importe lequel puisque c’est dans le Transsibérien qu’il entreprend de poser la première pierre d’une carrière qu’on espère très longue. De Moscou à Vladivostok, il nourrit les 10 plages de “Transsiberian” des sons d’ambiance et des gens qu’il rencontre. Une expérience d’homme et de musicien à déguster en live, ici au Festival Fnac 2016, et en images sur Youtube. Foncez, on n’est pas du genre à crier au loup.

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